Depuis plusieurs jours, les automobilistes empruntant l’axe Lébamba–district de Nzénzélé, dans la province de la Ngounié, se retrouvent dans une impasse. La montée spectaculaire des eaux du fleuve Louétsi, provoquée par les pluies diluviennes qui s’abattent sur la région, a rendu la traversée par le bac d’Idembé quasiment impossible. Les rampes permettant aux véhicules de monter sur l’embarcation ne s’ancrent plus sur la terre ferme, notamment du côté du village Idembé. Immergées, elles privent les usagers de tout accès sécurisé.
La portion de lagune concernée est réputée pour sa profondeur et sa dangerosité. Les récits locaux évoquent même la présence de génies de la Louétsi au fond de cette zone, renforçant la crainte des habitants. Mais au-delà des croyances, c’est la réalité quotidienne qui inquiète : un passage devenu impraticable et une population contrainte à des détours longs et coûteux.
Privés de ce passage, les habitants doivent désormais contourner par le village Nzoundou. Ce détour rallonge considérablement le trajet et entraîne une hausse des tarifs de transport. Une situation dramatique pour les malades, les femmes enceintes et les familles modestes, qui doivent affronter un parcours pénible et périlleux. Le désarroi est palpable : chaque année, des études sont annoncées pour sécuriser cette traversée, mais elles restent sans suite.
Cette situation met en lumière une problématique plus large : l’insuffisance d’infrastructures routières fiables dans la Ngounié et dans plusieurs régions du pays. Les populations réclament avec insistance que l’État veille avec rigueur à l’achèvement des projets routiers en cours, notamment la construction du pont prévu sur la rivière Massaba. Ce projet, attendu depuis longtemps, incarne l’espoir d’une traversée moderne et sécurisée.
Au-delà du cas du bac d’Idembé, il s’agit d’un enjeu national : garantir la mobilité des citoyens, soutenir l’économie locale et assurer la sécurité des usagers. Les retards et les études inabouties ne peuvent plus être tolérés. L’État doit faire preuve de fermeté et de transparence dans la gestion des chantiers routiers, afin que les infrastructures promises deviennent enfin une réalité.


























