À peine désigné ministre de la Communication et des Médias, Germain Bihadjow se retrouve déjà au cœur d’une tempête médiatique. Le 1er janvier 2026, jour de la formation du nouveau gouvernement conduit au quotidien par Hermann Immongault, devait marquer l’entrée solennelle d’une nouvelle équipe. Mais deux jours plus tard, le 3 janvier, l’actualité a pris un virage inattendu, presque surréaliste.
Sur les réseaux sociaux, une vidéo devenue virale propulse le nouveau ministre sous les projecteurs pour de mauvaises raisons. Filmé dans une chambre d’hôtel, Germain Bihadjow y apparaît dans la plus simple expression de sa personne, tel Adam avant la feuille de figuier, exposant son intimité au regard d’un public désormais sans frontières. En quelques heures, l’image privée s’est muée en affaire publique, et l’homme d’État en phénomène numérique.
À l’ère du numérique-roi, nul n’est à l’abri du tribunal de la toile. Les réseaux sociaux, impitoyables miroirs de nos failles, ne font pas de distinction entre le citoyen ordinaire et le ministre de la République. Germain Bihadjow, successeur de Paul-Marie Gondjout à la tête de la communication gouvernementale, en fait l’amère expérience : sa vie intime s’est retrouvée projetée sur la place publique, sans filtre ni procès.
Cette séquence rappelle, par son retentissement, l’affaire Balthazar en Guinée équatoriale, dont les vidéos privées avaient, en leur temps, envahi l’espace numérique mondial, transformant une dérive personnelle en feuilleton planétaire. Le parallèle s’impose, tant le choc des images brouille la frontière entre sphère privée et responsabilité publique.
Selon un expert, la vidéo impliquant le ministre gabonais ne serait pas issue d’une manipulation par intelligence artificielle. Si tel est le cas, elle pose une question de fond : que valent les enquêtes de moralité brandies par les nouvelles autorités avant les nominations ? Comment expliquer qu’un homme appelé à incarner la parole officielle de l’État et à porter l’image du Gabon sur la scène nationale et internationale se retrouve ainsi fragilisé dès ses premiers pas ?
Le ministère de la Communication est une vitrine, une voix, un symbole. Or, cette affaire jette une ombre lourde sur la crédibilité de celui qui devait en être l’ambassadeur. Face à cette exposition jugée indécente par une large partie de l’opinion, nombreux sont ceux qui estiment que la responsabilité commande un choix clair : tirer lui-même les conséquences de cet épisode, afin de préserver l’institution et l’exemplarité attendue du sommet de l’État.


























