Un défilé militaire organisé près de Tindouf a marqué le demi-siècle de la proclamation du Front Polisario proclamait la République arabe sahraouie démocratique (RASD), célébrée loin du territoire du Sahara occidental, toujours contrôlé à 80 % par le Maroc. Une commémoration chargée de symboles dans un conflit qui n’en finit pas.
Un demi-siècle d’existence proclamée, célébrée en terre algérienne
Le 27 février 1976, le Front Polisario proclamait la République arabe sahraouie démocratique (RASD) depuis le sol algérien. Cinquante ans plus tard, la commémoration se tient dans les mêmes conditions d’exil : un défilé militaire organisé mercredi dans les camps de réfugiés sahraouis aux abords de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie. Des blindés, des troupes en formation et des milliers de réfugiés rassemblés ont donné à l’événement une dimension solennelle, traduisant à la fois la persistance d’un peuple dans sa revendication et l’amertume d’un anniversaire célébré loin d’une terre que le mouvement considère comme sienne. La manifestation s’est déroulée sous haute surveillance, dans un contexte où les tensions militaires avec le Maroc restent vives.
Un défilé contraint par les opérations de drones marocains
La tenue de cet anniversaire en Algérie n’est pas le fruit du hasard ou d’un simple attachement historique : elle résulte d’une contrainte sécuritaire directe. Les opérations de drones menées par le Maroc sur les zones disputées ont rendu impossible toute célébration d’envergure sur le territoire du Sahara occidental. Une réfugiée sahraouie présente lors du défilé a exprimé avec émotion l’espoir que la prochaine commémoration puisse se tenir sur la terre ancestrale, dans les régions de Sakia El Hamra et Oued Ed-Dahab, symbolisant ainsi une libération longtemps attendue. Ces mots résonnent comme un vœu collectif dans des camps où plusieurs générations de Sahraouis vivent depuis cinq décennies dans l’attente d’un retour.
Brahim Ghali réaffirme l’indépendance comme seule issue
Le secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a pris la parole lors de la cérémonie pour réaffirmer avec fermeté la ligne politique du mouvement. Il a rejeté toute solution imposée de l’extérieur, condamné ce qu’il qualifie d’occupation illégale et dénoncé les tentatives de modification des frontières par la force comme autant d’échecs historiques prouvés. Pour lui, un seul chemin demeure légitime : celui de l’autodétermination du peuple sahraoui, dont il affirme qu’il constitue un droit inaliénable reconnu par le droit international. L’indépendance, selon Ghali, n’est pas une option parmi d’autres mais la condition sine qua non d’une paix véritablement durable dans la région.
Un conflit gelé au cœur des rapports de force internationaux
Sur le terrain, la réalité reste défavorable au Polisario. Le Maroc contrôle aujourd’hui environ 80 % du Sahara occidental, protégé par un mur de sable long de plus de 2 700 kilomètres. Rabat bénéficie d’une reconnaissance croissante de sa souveraineté de facto sur le territoire, notamment depuis que plusieurs puissances occidentales, dont les États-Unis et la France, ont exprimé leur soutien au plan marocain d’autonomie. Face à cette dynamique, le Polisario s’appuie sur son allié historique, l’Algérie, qui finance, héberge et soutient diplomatiquement le mouvement depuis sa création. La question sahraouie reste pourtant inscrite à l’agenda des Nations Unies, sans qu’aucune solution négociée ne se profile à l’horizon. Cinquante ans après la proclamation de la RASD, le conflit demeure l’un des plus anciens différends territoriaux non résolus du monde.
Sources : déclarations officielles du Front Polisario, correspondants locaux ·


























