Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a pris la parole lors du Débat d’orientation budgétaire du 27 juin 2026. Le député d’Akanda et ancien directeur général de la Dette n’a «le dépassement, le sacrifice»ménagé personne. Il a ainsi dressé un état des lieux alarmant des finances gabonaises. Son intervention a profondément marqué les esprits dans l’hémicycle.
D’emblée, l’élu n’a pas usé de circonlocutions. «La situation dans laquelle se trouvent les finances publiques de notre pays est catastrophique», a-t-il tranché. Il a qualifié cette situation de «sans précédent». Il a évoqué notamment le coup de force du 30 août 2023. Par ailleurs, il a battu en brèche une idée reçue tenace. «Dire que le Gabon est un pays riche est le contraire de la vérité», a-t-il affirmé. Il a certes reconnu l’existence de ressources considérables. Cependant, leur transformation en richesses exige et des renoncements. Regarder la réalité en face demeure donc le préalable à tout assainissement.
Le poids écrasant de la dette publique
Ntoutoume Ayi a ensuite livré des chiffres éloquents et accablants. La loi de finances rectificative 2026 contraint l’État à emprunter plus de 1 400 milliards de F.CFA. Ces emprunts ne financent aucun investissement productif. Ils servent uniquement à équilibrer le budget. En outre, leur coût atteindra plus de 1 000 milliards de F.CFA d’intérêts sur dix ans. Le député a précisé que cela équivaut à 1 000 km de routes bitumées. De même, les tensions de trésorerie entraîneront «près de 100 milliards de F.CFA de frais bancaires». Cela représente donc «deux fois le budget de la Justice et cinq fois celui de l’Assemblée nationale».
Un appel au courage politique
Néanmoins, l’intervention n’a nullement constitué un réquisitoire contre le pouvoir. Ntoutoume Ayi a salué le président Oligui Nguema, «plébiscité il y a à peine un an» par l’ensemble des forces politiques. Toutefois, il a exhorté les gouvernants à se hisser «au niveau des enjeux». Il a également rejeté les «solutions de facilité» que sont le refinancement et le rééchelonnement. Ces pratiques «font la fortune des créanciers» sans offrir aucune issue durable. En définitive, l’assainissement profond des comptes publics demeure la condition sine qua non de tout développement. Ce message résonne fortement alors que s’engage la préparation de la loi de finances 2027.












































