Au Gabon, l’eau est censée être un droit fondamental. L’article 37 de la Constitution du 19 décembre 2024 le garantit. Pourtant, à l’orée de la saison sèche, ce droit se transforme en mirage. Des milliers de familles en subissent les conséquences chaque jour.
Dans les quartiers périphériques de Libreville comme dans les villes de l’intérieur, les puits domestiques s’assèchent. Les robinets restent désespérément vides. Chaque matin, les habitants se lancent dans une véritable course à l’eau.
Des témoignages qui révèlent une détresse quotidienne
Les files d’attente interminables autour des rares points d’approvisionnement illustrent cette urgence. Pour beaucoup, la survie quotidienne dépend désormais de cette quête épuisante. Les témoignages recueillis dans les quartiers populaires sont édifiants.
À Nzeng-Ayong, Annick Ngoye raconte devoir marcher plus d’une heure pour remplir quelques bidons. Elle n’a souvent aucune garantie de succès. À Alibandeng, Clément Ayi dénonce quant à lui la flambée des prix des bidons d’eau. Cette charge devient insupportable pour des familles dont les revenus stagnent.
Par ailleurs, à travers le pays, les mêmes scènes se répètent partout. Les ménages réduisent leur consommation, l’hygiène se dégrade, les enfants manquent d’eau pour leurs besoins essentiels.
Une crise qui menace la santé publique
Désormais, la pénurie ne se limite plus à un simple désagrément. Elle menace directement la santé publique et la dignité des citoyens. Ce contraste entre les promesses constitutionnelles et la réalité vécue illustre les failles structurelles du secteur.
La réforme annoncée par l’État : une réponse suffisante ?
Conscient de l’urgence, l’État a annoncé la scission de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Cette décision est intervenue lors du Conseil des ministres du 26 juin 2026. L’objectif affiché vise à améliorer la gouvernance et à renforcer l’efficacité. Il s’agit aussi de garantir une meilleure distribution.
Cependant, pour les populations, ces annonces restent des mots tant que les robinets demeurent à sec. Aussi ambitieuse soit-elle, la réforme ne peut masquer l’urgence d’une réponse immédiate et concrète.
L’eau, une question de survie avant tout
Car au-delà des textes et des réformes, l’accès à l’eau potable reste une question de survie. Les pénuries récurrentes révèlent une fragilité inquiétante des infrastructures. Elles révèlent aussi une incapacité chronique à anticiper les besoins.
Or, le Gabon est un pays riche en ressources hydriques. Voir des citoyens parcourir des kilomètres pour quelques litres d’eau demeure un paradoxe insoutenable.
Des solutions durables, pas seulement des promesses
Désormais, les Gabonais n’attendent plus de simples promesses. Ils réclament des solutions durables et tangibles. L’eau est un bien vital et constitutionnel. Elle ne peut rester une denrée rare dans un État qui aspire à la modernité. Cet État aspire également à la justice sociale.









































