Port-Gentil pleure l’un des siens. Yann Grele Engonga Engonga est décédé ce dimanche 28 juin 2026. Ainsi s’achève un destin marqué par la douleur, la foi et la résilience. Ce jeune homme de 29 ans avait, en effet, survécu à une tragédie policière survenue en plein lieu de culte.
Le dimanche 21 février 2021, une grenade assourdissante explose à l’église Bethel du quartier Trois Filaos. Les forces de l’ordre l’avaient projetée à l’intérieur du sanctuaire. Yann, alors élève en terminale, ramasse aussitôt l’engin pour protéger ses frères. L’explosion lui arrache l’usage de ses deux mains. Ce geste héroïque lui vaudra admiration et reconnaissance au sein de la communauté chrétienne gabonaise.
Un parcours semé d’embûches mais illuminé de foi
Dès lors, la vie du jeune homme devient un chemin d’épreuves. Toutefois, Yann ne cède jamais au découragement. Bien au contraire, il transforme sa souffrance en vocation spirituelle. Il y a moins d’un mois, il recevait l’ordination pastorale. Par conséquent, c’est désormais un serviteur de Dieu ordonné qui rejoint la demeure céleste.
L’Église réclame justice, puis une intervention tardive
À la suite de la bavure, l’Église du Corps de Christ se mobilise. Sous la conduite de l’Archevêque Jean-Baptiste Moulakaa, elle exige des enquêtes approfondies. Les responsables ecclésiastiques demandent notamment «que la vérité soit établie sur les origines d’une telle bavure de la grande muette». Néanmoins, aucune suite officielle ne sera jamais communiquée aux familles et aux fidèles. Ainsi, l’impunité demeure entière, cinq ans après les faits.
Après plusieurs mois d’attente, le gouvernement Rose Christiane Ossouka Raponda l’avait enfin envoyé en Turquie pour des soins de rééducation motrice. Par ailleurs, la grenade avait également endommagé sa vue. Une consultation ophtalmologique était prévue pour évaluer l’étendue de ces séquelles visuelles.
Une flamme qui ne s’éteint pas
Malgré ses blessures irréversibles, Yann ne cesse de servir. En outre, il incarne pour beaucoup de jeunes Gabonais un symbole de résistance spirituelle. Sa prise en charge médicale reste minimale jusqu’à la fin. Pourtant, son engagement ne faiblit jamais. Aujourd’hui, la communauté chrétienne de Port-Gentil lui rend un hommage unanime et ému. Car Yann Engonga aura servi son Créateur avec une dévotion absolue et une passion inébranlable. Il laisse derrière lui un exemple rare de dignité face à l’injustice.










































