La Guinée équatoriale a franchi une étape historique de son organisation territoriale et administrative. Par Décret-Loi n°1/2026, signé le 2 janvier 2026, le Président de la République, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a officiellement proclamé Ciudad de la Paz, située dans la province de Djibloho, comme nouvelle capitale de l’État équato-guinéen, mettant ainsi fin au statut de Malabo, jusque-là capitale depuis l’indépendance.
Cette décision marque l’aboutissement d’un projet stratégique lancé en 2008, visant à transférer le centre du pouvoir politique et administratif de l’île de Bioko vers la terre ferme. Initialement baptisée Oyala, la ville a ensuite été rebaptisée Ciudad de la Paz – « Ville de la Paix » – avant d’être élevée au rang de capitale par acte juridique solennel.
Selon les dispositions du décret présidentiel, l’ensemble des institutions de l’État, de l’administration publique et de la Présidence de la République disposent d’un délai d’un an pour procéder au transfert effectif de leurs services vers la nouvelle capitale. Cette phase transitoire vise à garantir une migration progressive et fonctionnelle des structures de gouvernance.
Ciudad de la Paz se distingue déjà par des infrastructures modernes de grande envergure, construites discrètement au fil des années. La ville abrite notamment le Grand Hotel Djibloho, l’un des plus vastes complexes hôteliers d’Afrique, ainsi que de nombreux bâtiments officiels destinés à accueillir les institutions républicaines. Elle accueillera également la plus grande université d’Afrique centrale, l’Université d’Oyala, actuellement en cours de réalisation, symbole de l’ambition éducative et scientifique du pays.
Au-delà de l’aspect symbolique, ce choix répond à des impératifs géographiques, économiques et stratégiques. En ramenant la capitale sur le continent, les autorités entendent renforcer l’intégration nationale, améliorer l’accessibilité administrative pour la majorité de la population et impulser un nouvel élan de développement dans l’arrière-pays.
Longtemps restée à l’abri des projecteurs et difficilement accessible, Ciudad de la Paz entre désormais pleinement dans l’histoire contemporaine de la Guinée équatoriale. Sa proclamation officielle comme capitale ouvre une nouvelle page de la construction de l’État, entre continuité institutionnelle et volonté affirmée de projection vers l’avenir.


























