Le Centre Hospitalier Régional (CHR) de N’tchengué connaît une paralysie partielle de ses activités, suite à un mouvement de grève initié par le SYNAPS et soutenu par le Symefoga. Les revendications syndicales sont centrées sur des arriérés financiers substantiels, notamment treize mois de primes CNAMGS et huit mois de primes de quotes-parts, ainsi que la demande de revalorisation des primes de garde, avec une prime spécifique pour les urgences.
Une dissonance frappante apparaît entre les efforts de modernisation de la direction et la réalité financière vécue par le personnel. Les syndicats soulignent qu’un déblocage récent de 136 millions de FCFA n’a couvert qu’une fraction minime des dettes accumulées, justifiant la décision de limiter les activités aux urgences vitales et aux consultations externes. Gildas Akame, du SYNAPS, insiste sur l’iniquité des conditions de travail, qui justifie une réévaluation salariale différenciée.
Face à cela, le Directeur Général, Dr Jonas Mboumba, met en avant un bilan matériel impressionnant réalisé au cours de ses deux années de gestion. La réhabilitation du bloc opératoire, l’acquisition d’un scanner, de nouveaux automates de laboratoire et d’un groupe électrogène puissant témoignent d’un engagement fort pour un plateau technique digne. Le Dr Mboumba argumente que ces investissements contredisent l’idée d’un hôpital obsolète.
Sur le plan social, la direction affirme avoir résorbé les retards de salaires et réduit significativement les arriérés de primes, bien que des dettes persistent (six mois de primes tout venant et onze mois de CNAMGS). Le Directeur général situe ces manquements dans un contexte national plutôt que propre à N’tchengué.
De plus, il indique que la dotation en tenues professionnelles est planifiée pour 2026. Le DG perçoit le mouvement comme un « acharnement incompris », notant que les syndicats ne mènent pas les mêmes actions dans d’autres structures régionales. Malgré ces frictions, la volonté de maintenir le dialogue et de faire du CHR une référence sanitaire demeure affichée
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi.


























