Le Ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Alogho, a inspecté lundi 3 novembre les plantations d’Olam Palm Gabon dans la Ngounié, mettant en lumière une initiative d’envergure pour tenter de juguler un conflit homme-faune dévastateur. Le constat est alarmant : 46 % des superficies cultivées ont déjà été détruites par les éléphants, menaçant la survie économique de cette entreprise générant plus de 10 000 emplois.
Face à cette prédation pachydermique, Olam Palm met en œuvre une solution inédite en Afrique centrale : l’installation progressive de 1 200 km de clôtures électriques. À ce jour, 914 km sont déjà opérationnels. Ce déploiement massif vise à créer une barrière dissuasive, protégeant non seulement les investissements agro-industriels, mais aussi la stabilité sociale et économique des régions concernées.
L’analyse de cette intervention révèle une approche pragmatique du développement durable. Le partenariat entre l’État gabonais et Olam s’articule autour de la conciliation entre impératifs économiques (production d’huile de palme, emploi) et conservation. La destruction de près de la moitié des cultures par les éléphants indique cependant que les méthodes traditionnelles de gestion des conflits ont atteint leurs limites. L’adoption de technologies lourdes comme ces clôtures électriques signale une escalade nécessaire dans la protection des actifs productifs.
Au-delà de la crise faunique, les discussions ont aussi porté sur la résilience face aux changements climatiques, avec le projet d’irrigation de 13 000 hectares, et l’amélioration des pratiques agronomiques (BMP). Ces projets structurants, salués par le Ministre Alogho, positionnent Olam Palm comme un acteur clé dans la vision d’une « économie verte et inclusive » promue par le Gouvernement.
Cette visite confirme que la gestion des ressources naturelles au Gabon nécessite des solutions coûteuses et innovantes. Le succès de ces 1 200 km de barrière électrique sera déterminant pour l’avenir de l’agro-industrie locale et pour l’équilibre délicat entre la protection de la biodiversité emblématique et la nécessité de garantir des emplois durables.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























