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Les inondations : le diktat décennal de l’en-dessous sur l’en-dessus de la mer par les esprits de Mami-wata ?

Rédaction GMI par Rédaction GMI
26 mai 2021
dans Tribune Libre
0

Le Prophète et sociologue Max Alexandre Ngoua @gabonmailinfos

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Dans une tribune libre, l’homme d’église et intellectuel, le prophète et sociologue de religions, Max Alexandre Ngoua, essaie d’apporter une explication au sempiternel problème des inondations non résolues qui embarrassent chaque année les populations gabonaises. Dans la même tribune, il relève l’incapacité qui semble être celle des autorités de notre pays à résoudre cette question qui peut s’expliquer sur plusieurs dimensions, scientifique, mythologique, mystique, sociologique, politique et théologique. Lecture !

(Première partie)

Si jadis au Gabon l’on pouvait définir distinctement la saison de pluies d’avec la saison sèche, aujourd’hui il n’en est plus le cas.

Dans ce pays d’Afrique centrale, la période diluvienne rime depuis quelques années avec inondations et éboulements de terrains. Entre 2017 et 2021 au moins six des neuf provinces que compte le pays sont impactées par les conséquences des fortes précipitations et les victimes directes, sont les populations habitants des quartiers enclavés, y compris celles situées aux abords des lacs, bassins versant et fleuves.

Parmi ces populations nous avons les sinistrés de : Lambaréné, Ndjolé (la province du Moyen-Ogooué), Mouila, Fougamou, Guietsou (la province de la Ngounié), Franceville (la province du Haut-Ogooué)-Port-Gentil (la province de l’ogooué maritime), Koula-Moutou (l’ogooué Lolo), Libreville, (la province de l’estuaire), sont victimes des fortes précipitations qui ont frappé le pays depuis 2017 à ce jour.

Avec cette saison de pluies diluviennes, le scénario devrait se répéter sous l’effet bien évidemment de plusieurs paramètres qui menacent les populations et les villes à travers le pays car aujourd’hui la moindre précipitation d’une trentaine de minutes, orchestre des victimes.

Au regard de l’inaction de l’Etat (en dehors de ses agitations de com) l’on s’interrogerait s’il n’est pas lui-même, dépassé par les événements ?

Nous venons à nous questionner sur les causes et les conséquences réelles de ces intempéries qui n’en finissent plus ?

Le monde de l’en-dessous de la mer n’aurait-il pas une part contributive d’influence sur l’en-dessus accompagnant ce rythme perpétué d’intempéries qui systématiquement met en mal les populations au travers des inondations qui parfois empêchent leur mobilité et où accable leur quotidien ?

En nous servant du concept de l’holisme qui est une doctrine ou un point de vue consistant à considérer les phénomènes individuels ou particuliers comme faisant partie de la totalité dans laquelle ils s’inscrivent, nous tenterons d’apporter une lecture globale via des pistes d’explication pour cerner ce problème pluviométrique inquiétant. Il y’a :

-La piste scientifique,

-La piste mythologique,

-La piste mystique,

-La piste sociologique.

– La piste politique

– La piste théologique

1- La piste scientifique

Le Dr Solange Loubamono, enseignante gabonaise au Département de Géographie de l’Université Omar Bongo (UOB) est auteur d’un article  » Risques naturels en Afrique équatoriale. L’exemple du Gabon » in BULLETIN DE L’ASSOCIATION DES GÉOGRAPHES FRANÇAIS, il y’a un an de cela, elle a édifié  l’ex Premier Ministre Julien Nkoghe et les membres du Gouvernement sur la question au cours d’un exposé qu’elle a tenu à la Primature.

Concrètement, il ressort que:

« Le phénomène d’inondations vécu dans plusieurs villes du pays est dû à une crue centennale qui se produit, selon l’exposante, tous les 20 ou 30 ans. Au Gabon, des cas similaires ont eu lieu en1961 et 1988 et avait affecté sept localités traversées par le fleuve Ogooué. La montée des eaux avait atteint ses principaux affluents. Considérée comme un phénomène dangereux et meurtrier, la crue centennale a des conséquences très diverses sur l’environnement. Parmi lesquelles:

– La coupure des routes, routes inondées et impraticable,

 – Les maladies endémiques et épidémiques et d’autres risques.

Elle (crue centennale) est causée par la situation géographique de notre pays »

Pour la spécialiste en géographie, « le Gabon, en dehors de l’incivilité d’une catégorie de populations, il nous faut avant tout savoir que le pays est dans une zone intertropicale à la rencontre des grands flux tropicaux définit par une pluviométrie bien marquée. Ce qui engendre de fortes précipitations (8 à 9 mois de pluies dans l’année) ».

Et toujours selon Solange Loubamono, « le Gouvernement doit mettre en place une politique préventive en procédant

_À l’intensification de la lutte pour le Climat par nos gouvernements

-À la redéfinition des plans d’urbanisation face aux constructions anarchiques

– Aux constructions et curage des bassins versants et des bancs de sable et

– À la création des digues le long des cours d’eau. Celles-ci auront l’avantage de protéger les populations de la montée des crues »

Mais mettre des digues le long de chaque cours d’eau dans chaque province, sachant tous les cours d’eau que renferment le Gabon, n’est-ce pas là une utopie ?

Certes, selon la géographe, la crue centennale est causée par la situation géographique de notre pays, mais serait-elle la seule en cause dans l’histoire des inondations observées de manière récurrente ou assisteront ont à l’influence de l’en dessous de la mer sur l’en dessus ? La piste mythologique ci-après nous oriente d’avantage.

2 – La piste mythologique

Le philosophe gabonais Bonaventure Mve Ondo écrivait dans son ouvrage « À CHACUN SA RAISON » raison occidentale et raison africaine, que pour saisir l’africain dans sa quête transcendantale de la connaissance, il faut interroger le Mythe.

En s’inscrivant dans ce prisme, nous avons compris que certaines catastrophes des pluies diluviennes et les rapports antagonistes que les individus entretiennent dans la cité, l’en-dessus de la mer, peuvent trouver leurs causes via la prégnance des entités aquatiques, l’en-dessous de la mer.

L’exemple de la rivalité entre les populations de Mouila et celles de Ndendé, le mythe répond séquentiellement à cette interrogation. C’est ainsi que nous nous sommes rapprochés de certains informateurs et  notables de la province. Cerrtes nous aurons quelques failles dans la traduction et l’orthographe de certains noms, mais nous retiendrons au moins le sens du mythe dont voici le récit :

« L’histoire de IPÉTI et MOUGOUMI parle de la guerre mystique entre deux sirènes, et de la séparation entre leurs propriétaires, Moueli et Simbou. Il faut savoir que l’homme punu est descendant de NdingiIlagu, qui lui-même engendra deux enfants: le garçon Mueli Ilagu, et la fille Simbou. Simbou avait pour totem MOUGOUMI, et Mouéli avait IPETI. Les deux génies, IPETI et MOUGOUMI, vivaient dans la rivière Dola qui traverse la localité de Ndéndé.

Le nom IPETI évoque un tout petit poisson assimilé à une sirène, qui existe dans les profondeurs des eaux, et qui a la vertu de soigner les autres poissons, quand ceux-ci sont blessés. Le nom Mougoumi parle d’un poisson sirène qui massacre sa propre descendance. Chacun des deux esprits reproduisit son propre caractère, dans le corps de son propre adorateur. Moueli préservait la vie comme Ipeti, et Simbou la tuait comme Mougoumi.

Un jour, Moueli et Simbou se disputèrent à cause des désirs infanticides et anthropophages de la sœur. Simbou voulait que tous leurs enfants soient tués et mangés, alors que Moueli refusait cela. MOUELI dit: « mes enfants doivent perpétuer la survie de la famille » et SIMBOU lui répondit: « non il faut qu’on mange les enfants ». C’est ainsi que MOUELI rétorqua : « non, les miens ne sont pas faits pour être tués! »

Cette dispute déboucha sur une guerre mystique entre les génies des deux protagonistes. Le combat se produisit au niveau de l’ancien pont sur la Dola. En effet, l’actuel pont fut posé sur l’ancien, pour immortaliser le site de la bagarre entre Mougoumi et Ipeti.

 Les anciens disent qu’il y eut une sorte de tsunami, de graves inondations absorbant des arbres et montagnes de la contrée durant cette confrontation acharnée qui dura presque plus de sept jours.

Il faut dire que Mougoumi fut désolidarisée de ses enfants qu’elle mangeait habituellement, tandis qu’Ipeti, aidé de ses enfants qu’elle soignait et nourrissait, était en surnombre. Mougoumi se trouvant en sous-effectif, s’enfuit vers le confluant de la NGOUNIE et précisément dans la petite rivière, Idoumi Dourembou. Simbou ne pouvant plus regagner la Dola poursuivit sa course dans Dourembou,  c’est-à-dire la rivière Ngounié. Simbou avec son totem Mougoumi s’installa à Mouila. C’est pourquoi l’on dit que Mouila appartient aux membres de la tribu Diburu Simbu.

Oui, MOUILA appartient effectivement au totem de SIMBOU qui est MOUGOUMI. Et les Diburu Simbu sont des Bumoueli, originaires du clan de MOUELI, au même titre que MOUELI qui est resté à NDENDE. En langue yipunu, Diburu Simbu signifie lignée de Simbu. Cette rivalité entre les tribus bumueli et Diburu Simbu se serait perpétuée entre les villes de Ndéndé et Mouila, sur les plans mystiques et politiques. On raconte que la rivalité politique entre YEMBI PAUL MARIE de Ndéndé et Jean Jacques BOUCKAVEL de MOUILA, viendrait de cet antagonisme ».

Mais d’autres villes dans notre pays connaissent  aussi cette rivalité. C’est le cas du grand nord entre Oyem et Bitam.

Ce récit met en exergue l’existence d’un univers aquatiques dont les entités de par leur mobilité ou conflits peuvent influencer non seulement le comportement des habitants de la région dont elles ont la gestion mais aussi impacter les écosystèmes naturels tels l’inondation observée lors du combat des deux entités. Maintenant, à chacun de construire sa liberté de croyance.

Toutefois gardons à l’esprit que ces entités peuvent vivre aussi bien dans l’eau que sur la terre ferme, et habiter/influencer les humains comme précédemment. Ces derniers devenant par la suite des prêtes ou prêtresses du culte de Mami Wata.

3- La piste mystique

 3.1 De l’existence biblique des esprits de mami Wata (ou sirène) aussi bien dans l’eau que sur le Sec

La Bible nous conforte dans cette assertion des vies de sirènes sur la terre ferme. Nous lisons en Esaïe 34 :14 versions de Lemaître de Sacy (1614) :

 « C’est dans le désert que les démons, les onocentaures (créature mi humaine, mi âne), s’y rencontreront, et les satyres (animal au buste et à la tête d’homme et aux jambes et cornes de chèvre/ parfois représenté avec un sexe démesuré en érection) y jetteront des cris les uns aux autres. C’est là que la sirène (créature à tête et torse de femme avec un corps d’oiseau ou une queue de poisson, qui se distingue par la douceur de son chant) se retire pour s’y reposer ».

La Bible nous signifie que la sirène, entité aquatique peut vivre dans le désert. L’existence d’un monde dans les eaux n’est plus à démontrer. Il est si immense qu’il semble infini, rendant le nôtre insignifiant en comparaison, puisque l’eau couvre les trois quarts de la terre et continue d’avancer. Il n’est donc pas surprenant que dans le monde de l’eau, il y ait une population trois fois plus étendue que dans notre monde. Je veux dire par là que les esprits de l’eau résident pratiquement parmi nous, et ils rnarchent en notre compagnie quotidiennement. Ils sont dans chaque côte, dans chaque lac, dans chaque rivière, dans chaque cours d’eau, dans chaque source. Tous ces endroits sont des royaumes.

3.2 Transhumance des esprits de l’en-dessous sur l’en-dessus de la mer

Certains esprits de l’eau ont la capacité d’adopter l’apparence de très belles femmes, ou de gentils hommes, qui marchent habituellement dans les endroits plus modeste ou plus prestigieux. Généralement, il s’agit d’hommes  et de femmes  dotés d’une beauté ineffable et inhumaine, vêtus à la dernière mode et ornant leur corps de bijoux, de piercing…etc. Oui ce sont des hommes et des femmes sirènes au service de Mamie Wata leur reine-mère.

 3.3 Guerre entre les deux prêtresses principales du culte de mami Wata au Gabon.

L’univers aquatique Gabonais connaît actuellement une lutte de pouvoir qui échappe aux gabonais lambda et non aux « initiés » (personnes averties). L’an 2020 en pleine pandémie de la covid-19, fût le théâtre de cette lutte implicite entre deux prêtresses aquatiques du culte de Mamie Wata :

D’un côté : la Princesse Marie Anne Ankombie Rapontchombo.  Peuple du littoral.

En effet, la Pointe- Denis sera l’épicentre d’une cérémonie d’offrandes aux mânes des ancêtres, du 23 au 28 février 2020. Cet espace fluvial contigu à l’Atlantique sera «réservé» pour la cérémonie d’offrandes en mer et dans les rivières.

Dans une note circulaire datée du 14 février, la princesse du trône du roi Denis Rapontchombo, Marie Anne Ankombie Rapontchombo annonce l’interdiction de toutes activités fluviales humaines et économiques durant cette période. Et  l’Etat s’est exécuté à respecter ces injonctions.

Le rituel que cette prêtresse a donné témoigne de l’existence effective de l’en dessous de mer, il y a une population de fonds marin au Gabon et pour laquelle ce rituel incarne une vénération. Le Sociologue Max Alexandre Ngoua l’explique clairement dans son ouvrage intitulé « LE MYSTÈRE DES MONSTRES MARINS AU GABON », dit je cite : La présence des entités des eaux dans une région où elles ont la gestion, exige une vénération à travers des offrandes faites dans les eaux soi-disant aux génies des eaux et aux dieux : il s’agit d’une vénération, un culte rendu. Notre pays est jonché de sirènes qui ont gestion de notre cité. Remarquez, les noms donnés aux villes des provinces de notre pays est en l’honneur de ces entités (sirènes des eaux). Ces offrandes ne se font pas à n’importe quel endroit, c’est à des lieux choisis. C’est en cela qu’elles constituent une adoration. L’exigence des entités des eaux par rapport à l’être humain est l’adoration. Et notre pays, le Gabon, adore les sirènes des eaux. Il adore également les esprits ou entités des eaux. Car toutes nos provinces portent les noms des fleuves. Notre administration vénère les esprits des eaux.

De l’autre côté : Pélgie Mékui M’Ondo. Peuple de la forêt.

La nouvelle Reine Mère des Eaux a été intronisée et couronnée le samedi 03 octobre 2020 à Libreville. Cette intronisation a eu lieu à Ondogo, un quartier du premier arrondissement de la capitale gabonaise. Pendant que nous étions en plein crise pandémique, l’Etat a cédé à la tenue d’une telle  cérémonie regroupant plus de 500 personnes.

 3.4 L’antagonisme ou la guerre mystique des deux prêtresses comme l’une des causes des inondations ?

Mais comment un peuple de la forêt précisément de Minvoul, haut lieu mystique du vampire fang, va s’approprier  la royauté de l’univers aquatique en s’intronisant la Reine des eaux face à un peuple du littoral haut de sorcellerie des Mpongwè ? Cet antagonisme ou guerre, nous renvoie à l’imaginaire d’Ipeti et de Mougoumi. Cette lutte mystique qui relève du monde de l’en-dessous a eu pour conséquences néfastes sur l’écosystème :

Des pluies diluviennes presque permanentes faisant sauter au passage les repères de saison sèche et saison de pluies

Des inondations gigantesques rendant impraticables des infrastructures routières et faisant beaucoup des sinistrés car  de nombreuses familles sont sans logement

Des éboulements de terrain, la destruction des maisons d’habitation, des écoles, des centres médicaux et des plantations agricoles, des fermes d’élevage …etc.

Par ailleurs, d’autres interrogations nous intriguent :

 3.5 Des dirigeants politiques seraient-ils aux ordres des esprits de Mamie Wata ?

Comment des dirigeants, en pleine crise sanitaire et économique, peuvent volontairement accepter de plomber l’économie pendant  presqu’une semaine juste pour vénérer des esprits de Mamie Wata ?

Comment au plus fort de la pandémie de la covid-19, alors que tous les lieux de culte sont fermés, qu’il y a l’instauration stricte des gestes barrières et le prorata de dix pour tout rassemblement, les dirigeants autorisent un tel rassemblement d’intronisation de « leur » Reine des eaux ?

Pour autoriser officiellement pareilles cérémonies dont l’organisation sort totalement du cadre pandémique et échappe à tout contrôle de projet de riposte contre la pandémie, renvoi à se demander si ceux qui l’ont autorisé ne serait pas implicitement dans la vénération et au service l’univers de l’en-dessous de la mer et dont ils seraient des simples agents d’exécution ?

Et ne tirent-ils pas de jouissance en voyant les automobilistes pataugées dans la boue des tranchées appelées routes et les populations nageant dans les inondations nauséabondes issues des pluies diluviennes parce que ce décor humide correspondrait en mieux à l’univers des eaux qui leur est familier et ou pour qui ils travaillent ?

A suivre…

 

RÉVÉREND  PROPHÈTE

 

MAX ALEXANDRE NGOUA

 

Chevalier Dans L’Ordre National du Mérite Gabonais

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Mots clés : diktat décennalesprits de Mami-watafleuve Ogoouégabon mail infosgabonmailinfosgabonmailinfos.cominondations Gabon
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