Le médiateur de la Cédéao, l’ex-président président nigérian, Goodluck Jonathan, et sa délégation arrivés à Bamako ce 25 mai 2021, ont clairement informé les putschistes, le Colonel Assimi Goïta, et son équipe que leur nouveau règne a des sanctions ciblées et collectives qui pèsent sur eux s’ils ne se ravisent pas en rétablissant l’ordre collectivement accepté bien avant le renversement du président de la transition et son Premier ministre.
Goodluck Jonathan, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, a rencontré le Colonel Assimi Goïta et la junte au camp militaire de Kati ce mardi 25 mai. Ils sont les auteurs du coup d’Etat du 23 mai et les responsables politiques déchus par la junte.
Le chef de l’ex-junte dort difficilement depuis lundi, jour de l’arrestation par ses hommes du président et de son Premier ministre. De ce fait, son agenda chargé est tenu par son plus proche collaborateur, le capitaine Demba N’Daw, directeur de cabinet avec rang de ministre. C’est généralement cet homme discret qui lui passe au téléphone les nombreuses personnalités étrangères qui souhaitent avoir des nouvelles de la situation.
Il a contre eux un chapelet de griefs. Par exemple, le fait de ne pas avoir été consulté avant le remaniement ministériel – ce qui pour lui constitue une violation de la charte de transition. Il a également abordé la question de la crise sociale qui, toujours selon lui, ne trouvait pas de solution. De ce fait, il tient pour les responsables le président Bah N’Daw et son Premier ministre Moctar Ouane qui ont été placés « hors de leur prérogatives » depuis mardi 25 mai.
Ce rencontre avec le médiateur s’est terminé tard dans la nuit. Après l’avoir écouté attentivement, la délégation conduite par Goodluck Jonathan a clairement évoqué la possibilité pour l’institution de la sous-région de prendre des sanctions, notamment contre des militaires, lors d’un prochain sommet ad hoc de la Cédéao. Les militaires impliqués dans ce dernier coup de force sont proches du Comité national pour le salut du peuple, à l’origine du coup d’État du 18 août 2020.
Ainsi, si tout n’est pas clair, la communauté européenne tout comme la Cédéao, y compris l’Union africaine pourraient prendre des sanctions. La dernière en date était un embargo qui avait été levé, juste après la mise en place d’un gouvernement de transition, en octobre dernier.
Dans la même veine des sanctions, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir ce mercredi dans la soirée, à la demande du Niger et de la France. Il faut tout remettre à plat, car il y a neuf mois, la Cédéao avait pesé de tout son poids pour fixer une transition la plus courte possible et un transfert rapide des pouvoirs aux civils. D’après certaines indiscrétions, le colonel Assimi Goïta se bat pour rassurer les uns et les autres sur ses intentions : particulièrement sur l’organisation des élections générales en 2022 comme initialement planifiée. Certains interlocuteurs le croient, d’autres sont sceptiques.
Dans tous les cas, le Colone Assimi Goïta sait que sa marge de manœuvre n’est plus comme celle du premier coup d’Etat contre le président Ibrahim Boubacar Keita. Les sanctions peuvent tomber à tout moment voir le renversement de son pouvoir.


























