L’ascension d’Alain-Claude Kouakoua à la présidence du Conseil d’administration de la CNAMGS suscite une vive controverse. Alors que l’État proclame l’avènement d’une gouvernance fondée sur l’éthique, ce retour en grâce interroge quant à sa conformité avec les principes de bonne gestion publique.
Selon Echos du Nord, l’homme d’affaires est « revenu à la CNAMGS en violation manifeste des textes régissant cette institution publique », après avoir été formellement révoqué par arrêté ministériel n°000015/MASDF du 8 mars 2021. La réglementation prévoit pourtant une incapacité définitive à réintégrer un tel poste après révocation. « Contre toute attente et en total mépris du droit, l’homme a été réinstallé dans ses fonctions, sans que l’on sache par quelle magie réglementaire cela a été possible », relève le journal.
Mais le malaise ne s’arrête pas là. À la tête de l’entreprise MIKA SERVICES, affiliée à la FEG qu’il préside désormais, Alain-Claude Kouakoua est également débiteur d’une somme faramineuse auprès de l’institution qu’il administre. « MIKA SERVICES affiche une dette sociale abyssale de plus de 1,3 milliard de FCFA envers la CNAMGS », accumulée depuis 2015. Il s’agit de cotisations impayées et de pénalités, dans un contexte où des milliers de travailleurs peinent à accéder aux soins.
L’ironie du sort atteint son paroxysme lorsque l’on apprend que « seul le Conseil d’administration — celui-là même que M. Kouakoua préside — est habilité à accorder des remises gracieuses de pénalités pour des montants dépassant les 100 millions de FCFA ». Cette situation relève d’un conflit d’intérêts flagrant, qui fait peser une lourde hypothèque sur la crédibilité de l’institution. Echos du Nord résume : « Le juge est désormais partie, et la légitimité du président du conseil est directement entachée. »
Ce retour spectaculaire à des postes de responsabilité interroge plus largement sur la captation de l’appareil économique national par des intérêts privés. « Une partie de la FEG dont les membres cumuleraient une dette globale de plus de 100 milliards de FCFA envers la CNAMGS voit ainsi l’un des siens accéder à sa tête », écrit encore le journal.
La gestion passée de la CNAMGS illustre les dérives profondes d’un système. Fraudes, surfacturations, sociétés fantômes, évacuations sanitaires confiées à des entités sans lien avec le secteur médical : la nouvelle direction découvre un « champ de ruines financières ». Parmi les cas les plus saisissants : « Une pharmacie à Lambaréné facturait entre 200 et 400 millions de FCFA à la CNAMGS », bien au-delà des structures hospitalières de Libreville.
Le journal dénonce également des contrats obscurs conclus avec des entreprises à l’étranger : « La CNAMGS avait passé contrat avec une société domiciliée à Paris, La Conciergerie Peniel, dont le Siren atteste qu’elle organise des foires et salons professionnels. » Une autre société, au capital de 1000 euros, basée à Rosny-sous-Bois, aurait encaissé des centaines de millions de FCFA pour des prestations fictives.
Face à ces révélations, l’équipe dirigeante tente d’assainir les pratiques. Mais elle se heurte à l’hostilité d’un Conseil d’administration « où siège — Ô surprise — Alain-Claude Kouakoua, président de la FEG ». Une situation ubuesque, dans laquelle ceux qui ont profité du système s’emploient à en bloquer la réforme. « Le projet de budget 2025 de la CNAMGS a été rejeté par ce même Conseil d’administration », déplore Echos du Nord. Résultat : une institution paralysée.
La question qui se pose désormais est celle du positionnement de l’exécutif. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a été clair : « la satisfaction de l’intérêt général est au cœur de l’action gouvernementale. » Face à cette crise, le silence équivaudrait à une capitulation.
Echos du Nord conclut avec gravité : « Peut-on tolérer que les fossoyeurs d’hier dictent encore les règles du jeu ? L’État va-t-il enfin trancher en faveur de l’intérêt général ou se laissera-t-il intimider par les puissances d’argent ? »


























