La pénurie de monnaie fiduciaire, notamment des pièces, est un véritable problème au Gabon. Elle complique sérieusement les transactions du quotidien. Malgré, semble-t-il, l’arrivée de nouvelles pièces sur le marché, rien n’a changé. Les habitants vivent une situation difficile, presque embarrassante, et personne n’est épargné : élèves, usagers des transports en commun, commerçants, tout le monde subit.
Dans les taxis, la phrase « montez avec les pièces » est devenue une norme. Quant aux caissières, elles n’ont plus d’autre choix que de proposer : « Vous ne voulez pas un biscuit, un cube ? On n’a pas de pièces ». C’est grave.
Nous nous sommes rapprochés de certaines caissières, souvent accusées — à tort ou à raison — de garder les pièces. L’une d’elles a accepté de témoigner sans détour :
« Nous-mêmes, on fait les demandes à la BEAC, mais ça prend énormément de temps. Parfois, ils nous envoient des pièces de 1 F ou 2 F. On fait quoi avec ? Les clients refusent ça. Ce sont les églises qui nous aident parfois. Les gens pensent que les caissières gardent les monnaies, mais ce n’est pas le cas. Nous aussi, on subit », a déclaré S.M., caissière dans un grand supermarché de Libreville.
Les petites entreprises, comme les épiceries et commerces de quartier, sont les plus affectées. Elles n’arrivent plus à rendre la monnaie correctement, ce qui décourage les clients et fait baisser le chiffre d’affaires. Cela entraîne des pertes considérables.
« J’ai vécu cela ce matin. J’avais 500 F pour faire une photocopie urgente. Je suis entrée dans un cyber, le monsieur m’a dit qu’il n’avait pas 150 F à me rendre. J’ai dû repartir sans rien », a confié Obolo Walfanie, habitante de Ntoum.
Les transactions deviennent de plus en plus lentes et complexes. Une pénurie prolongée de pièces risque de fragiliser la confiance des citoyens dans le système monétaire du Gabon.
« Tu ne peux pas prendre un taxi pour aller travailler, parce que le taximan exige les pièces. Si tu n’en as pas, tu restes là. Et ce n’est pas tout le monde qui peut payer de gros montants », s’est indignée Chancia Abessolo, résidente du quartier Montalier.
Selon plusieurs témoignages, des ressortissants chinois transporteraient ces pièces d’argent chez eux pour les transformer en bijoux, celles-ci ne pouvant ni rouiller ni se détériorer. Selon la BEAC, les dernières pièces mises en circulation — bien qu’encore rares sur le marché local — visent à résoudre ce problème.
Vivement que le gouvernement intervienne sérieusement. La population souffre chaque jour à cause de ce manque criant de pièces. Mauvaise gestion monétaire ou problème d’approvisionnement ? Une chose est certaine : cette situation pèse lourd dans le quotidien des Gabonais.










































