Le 23 mai, Le Confidentiel d’Echos du Nord titrait sans ambages : « Le patriarche de la finance gabonaise est rattrapé par la nouvelle morale de la Transition ». Un constat tranchant, presque solennel, pour celui qui fut longtemps l’un des hommes les plus puissants du pays. Henri-Claude Oyima n’était pas un simple banquier : il était l’architecte d’un empire économique qui liait l’élite politique, les milieux d’affaires et les arcanes de l’influence.
À la tête de BGFI, qu’il a dirigée d’une main de maître tel un roi pendant des décennies, Henri-Claude Oyima a incarné un système où « l’économie privée ne faisait rien sans un feu vert politique, mais où le politique avait besoin d’un technocrate crédible pour rassurer les investisseurs ». Cet équilibre fragile, cette complicité entre sphères d’influence, portait sa signature. En parallèle, il présidait la FEG, négociait avec les bailleurs, et façonnait les grands équilibres économiques du Gabon.
Un pouvoir sans éclat public, mais omniprésent.
Mais derrière cette puissance tranquille, le socle vacillait. Car Delta Synergie, société au cœur de la galaxie Bongo, formait le pilier silencieux d’un système de captation économique. Quand la Task Force de la Transition entame ses enquêtes, c’est ce maillage qui refait surface. Non pas pour incriminer Oyima directement, mais pour l’interpeller comme « le verrou central d’un système de contrôle économique », selon Le Confidentiel d’Echos du Nord.
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En décembre 2024, le couperet tombe. Le procureur de la République exige le transfert à l’État des parts d’EQUARIUS et CAPELLA, véhicules stratégiques rattachés à la famille Bongo.
Ultimatum : huit jours. Oyima, fidèle à son style, répond par une lettre technique, glacée. Il invoque l’OHADA, la COBAC, les statuts, la légalité — sans céder à la logique politique. Ce faisant, il acte une forme de rupture : non pas un refus, mais une résistance juridique dans un monde où le droit est en train de se redéfinir.
Ce n’est pas une chute spectaculaire. C’est un effacement calculé. Un départ sans fracas. Mais un départ tout de même. Car l’homme, jadis incontournable, est aujourd’hui relégué en marge d’un pouvoir qui veut se réinventer sans ses symboles d’hier. Il ne tombe pas pour faute, mais parce qu’il incarne un ordre devenu politiquement indésirable.
Dans ce nouveau paysage, où l’État cherche à « reprendre ce qui a été capté », Henri-Claude Oyima devient une pièce déplacée — comme dans une partie d’échecs où la logique change en cours de jeu. Son retrait marque la fin d’un cycle, celui d’une élite économique sommée de se reconfigurer.










































