On le sait depuis longtemps déjà, que les cours royales et plus tard républicaines (voir Le Prince de Nicolas Machiavel) sont habitées par les courtisans et les intrigants. Si la deuxième catégorie a pour mission de mettre en place des chausse-trappes contre d’éventuels concurrents, la première, quant à elle, s’arrange toujours pour faire plaisir au Prince en toutes circonstances, se garde de lui dire la vérité, et met toute son énergie à le flatter et à chanter ses louanges.
Le Président de la Transition du Gabon n’échappe pas à cette donne. Nombreux sont les membres de son gouvernement et de son cabinet dont l’ADN est greffé de ces deux chromosomes : Intriguant (I) et Courtisan (C). Cela peut se vérifier à l’aune du projet de la nouvelle constitution, présenté au Président de la Transition comme une avancée démocratique majeure, contrastant pour ainsi dire avec la constitution du 26 mars 1991.
À mon avis, Brice Clotaire Oligui Nguema se garderait d’écouter sa rossignole de ministre et toutes autres personnes de son gouvernement ou de son entourage. Ce projet de Constitution porte en lui, à terme, les germes d’une instabilité institutionnelle, ce que François Mitterrand appelait en son temps « le coup d’État permanent ».
En effet, au titre des grandes articulations de ce texte, Madame le Ministre de la Réforme des Institutions nous a fait savoir qu’il y a l’institutionnalisation de l’amnistie des militaires membres du CTRI. Si l’enseignant-chercheur Romuald Assogho a affirmé que cette disposition était une prime à l’impunité, il n’a pas suffisamment montré le caractère pernicieux de cette inscription dans le marbre d’une amnistie qui aurait dû être portée par une loi. Cette inscription dans la loi fondamentale ouvre la voie à d’autres coups d’État, en ce qu’elle expurge du code pénal le crime d’atteinte aux institutions de la République.
Dès lors, les conspirations en vue de renverser les institutions de la République naîtront de toute part, sachant que dès que cela est réussi, la constitution garantit l’amnistie, la loi ayant un caractère impersonnel et général.
Nous avons du mal à croire que des gens d’une certaine épaisseur politique et intellectuelle aient pu participer à une telle aventure, rédiger le projet de la Constitution, et laisser passer cela. Sauf à légitimer le principe génétique du I ou du C.
Par Roland OLOUBA OYABI, diplômé en journalisme multimédia de l’École supérieure de Journalisme de Lille, de l’Université de Lille et en management des organisations de l’Université de Johannesburg.


























