Malgré la prise en main récente par une nouvelle équipe dirigeante, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) peine à répondre aux attentes des habitants de Libreville. Depuis trois jours, la capitale gabonaise est de nouveau plongée dans l’obscurité, confrontée à des délestages d’une intensité sans précédent allant à plus de 6 heures par jour. Cette situation survient à peine une semaine après le règlement de la dette que le Gabon devait à la société britannique Aggreko. Ce paiement, censé marquer la fin des interruptions prolongées, n’aura finalement offert qu’un court répit.
Le Comité de la Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI), désormais à la tête du pays, avait pourtant promis de redresser la SEEG. Cependant, les mesures annoncées semblent jusqu’ici insuffisantes, laissant les Gabonais dans une frustration grandissante. Que se passe-t-il réellement au sein de la SEEG pour que l’accès à l’électricité, essentiel à la vie quotidienne, devienne une denrée si rare à Libreville ?
La SEEG, qui détient le monopole de la distribution d’électricité au Gabon, continue de percevoir des revenus substantiels de ses clients. Pourtant, son réseau de distribution montre des signes d’épuisement. La présence d’un système de piratage des factures, combinée à l’implication de sous-traitants imposés par des figures influentes du régime passé – et peut-être même du présent –, semble avoir affaibli l’entreprise. Cette fragilisation menace aujourd’hui non seulement la continuité des services, mais également la crédibilité du CTRI, engagé dans une réforme profonde des institutions du pays.
Ainsi, les coupures d’électricité à répétition de la SEEG pourraient devenir un obstacle majeur à la légitimité et aux ambitions réformatrices du CTRI, accentuant le désarroi d’une population déjà éprouvée à Libreville.


























