Libreville, le 18 septembre 2025- Le Radisson Blu, jadis perle de l’hôtellerie gabonaise, est devenu une forteresse où prospèrent l’opacité, l’humiliation nationale et l’impunité. Derrière ses lustres et ses moquettes cinq étoiles, se cache une fosse septique où se déversent abus, privilèges indécents et pillages méthodiques.
Officiellement, l’hôtel appartient aux fils Oceni. Mais dans les faits, c’est une armée étrangère qui dicte sa loi : un directeur général guadeloupéen, Denis Jean Dernault, entouré d’un financier tunisien et d’un technicien libanais. Une triplette venue d’ailleurs qui maltraite les employés gabonais et s’octroie tous les leviers stratégiques.
Dans un pays qui proclame “le Gabon aux Gabonais”, voir un fleuron national transformé en colonie hôtelière est une gifle à la souveraineté. On parle de réquisition, mais en réalité c’est la reddition.
Comment le navire peut-il voguer sous pavillon gabonais, si le gouvernail reste aux mains d’étrangers ?
Le Radisson Blu n’est plus un hôtel, c’est une caverne d’Ali Baba où chaque coffre ouvert dévoile une fraude.
80 millions de FCFA disparus dans un forage fantôme confié à un Libanais.
2 milliards de FCFA envolés dans une climatisation confiée à une société sud-africaine, sans appel d’offre, comme si le Gabon manquait d’entreprises compétentes.
Un marché noir de devises installé dans l’hôtel comme une boutique parallèle.
Ce palace brille à l’extérieur comme une cathédrale de verre, mais son sous-sol empeste la pourriture d’une mafia organisée.
Le plus révoltant, ce sont les avantages accordés aux expatriés, pendant que les gabonais se contentent des miettes :
Loyer, électricité, eau, fibre, satellite : tout payé par l’hôtel.
Scolarité des enfants prise en charge, même à l’étranger : 8 millions de FCFA par enfant et par an.
Couverture médicale internationale, bonus en millions, billets d’avion…
Pendant ce temps, les employés gabonais doivent se battre avec une couverture locale limitée et des salaires qui ne reflètent ni leur compétence ni leur loyauté.
Les étrangers récoltent les grappes de raisin, pendant que les gabonais ramassent les feuilles mortes.
Le maintien de Moussa Sidibé, du consulat malien, quatre années sans permis de travail, est la preuve ultime : au Radisson Blu, la loi gabonaise est un chiffon. On y foule le droit comme on balaie la poussière du hall.
Comme quoi à l’hôtel du luxe, la légalité dort dans les caves.
Le chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema l’a dit : “Le Gabon appartient aux Gabonais.” Mais au Radisson Blu, cette maxime est piétinée comme un paillasson. Les privilèges distribués, les malversations orchestrées et les injustices subies par les travailleurs gabonais font de cet hôtel non pas une fierté, mais une blessure ouverte dans l’orgueil national.
À force de fermer les yeux, nos autorités transforment le Radisson Blu en Radisson Flou, où prospère le brouillard de l’impunité.
Il est temps de briser ce bunker de l’impunité. Il est temps que l’État tape du poing sur la table et montre que la souveraineté n’est pas un slogan, mais une réalité. Le Gabon ne peut continuer à être un pays où les étrangers sont rois et les nationaux des serviteurs dans leur propre maison.
Si le Gabon est une maison, alors le Radisson Blu ne doit plus être sa chambre louée à l’étranger, mais son salon, où les gabonais sont maîtres et non domestiques.
Par Darlyck Ornel Angwe


























