À quelques jours du double scrutin du 27 septembre 2025, le parti RÉAGIR, par la voix de son président Michel Ongoundou Loundah, a tenu une rencontre stratégique avec sa base militante. Objectif : clarifier sa non-participation aux élections, rassurer ses partisans, et surtout dénoncer ce qu’il qualifie de « recyclage politique toxique » pour le duo PDG-UDB.
Une absence assumée, mais lourde de sens
Michel Ongoundou Loundah a confirmé que RÉAGIR ne prendra pas part au scrutin. Il a également évoqué la validation du recours déposé auprès de la Cour constitutionnelle visant à invalider les candidatures issues d’un « pseudo parti » nommé RÉAGIR Prime.
Mais au-delà des querelles de légitimité, c’est l’essence même du scrutin qui inquiète le président de RÉAGIR. Il dénonce une continuité déguisée entre l’Union démocratique des Bâtisseurs (UDB) et le Parti démocratique gabonais (PDG), affirmant :
« Nous avons une élection dans laquelle l’UDB et le PDG tentent de conserver le même système. »
Une déclaration qui met en lumière une stratégie politique bien connue : le rebranding institutionnel. Changer de nom, de logo ou de porte-parole ne suffit pas à incarner le changement. Si les pratiques restent inchangées, le système demeure.
Dans un discours sans concession, Michel Ongoundou Loundah a lancé une attaque frontale :
« On va servir aux électeurs la vieille nourriture avariée, empoisonnée, préparée par le PDG depuis une soixantaine d’années, et qui leur sera livrée dans de nouvelles assiettes estampillées UDB. »
Une image culinaire, aussi brutale que parlante, illustre le ras-le-bol d’une partie de la population face à une classe politique jugée immuable. Mais elle pose aussi une question : quelles sont les alternatives concrètes proposées par Réagir pour sortir de ce cycle ?
Le président du parti conclut en exhortant les électeurs à ne pas se laisser berner par les apparences :
« Ce n’est pas l’assiette qui compte, mais ce qu’on y sert. Et tant que le menu reste le même, les conséquences seront toujours aussi toxiques pour le pays. »
Dans un climat de défiance généralisée, la sortie de Michel Ongoundou Loundah résonne comme un avertissement. Elle interpelle sur la nécessité de réformer en profondeur le système électoral gabonais, mais aussi sur l’urgence pour les partis alternatifs de se structurer et de convaincre. Car dénoncer ne suffit plus : il faut incarner le changement affirme le président de RÉAGIR pour mettre fin à son propos.


























