Depuis l’arrivée de Mays Mouissi au poste de ministre de l’Économie et des Participations, les critiques s’accumulent. Sa gestion de l’économie gabonaise, perçue comme hésitante, a soulevé des interrogations au sein des cercles financiers et politiques. Ces constats, issus de discussions avec d’éminents économistes ayant collaboré avec le FMI et la Banque mondiale, mettent en lumière une nécessité fondamentale : un ministre de l’Économie doit être plus qu’un gestionnaire. Il doit incarner l’expertise, manier les codes des institutions internationales et s’appuyer sur des réseaux solides.
C’est dans ce contexte que se pose la question de l’apport qu’aurait pu représenter Yves Fernand Manfoumbi, un homme dont le parcours et les résultats témoignent d’une maîtrise exceptionnelle des rouages financiers et économiques.
Un parcours riche en enseignements
Yves Fernand Manfoumbi, ancien membre du régime d’Ali Bongo Ondimba, a évolué dans les sphères les plus exigeantes de l’administration publique. Conseiller du Commissaire général au Plan au ministère de la Planification sous Omar Bongo, directeur général du Budget sous Ali Bongo, il a dirigé des institutions stratégiques comme l’Agence nationale des grands travaux et le Bureau de coordination du Plan Gabon Émergent. À ces fonctions s’ajoute un mandat à la présidence de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF), symbole de son rayonnement international.
Ses responsabilités lui ont permis de bâtir un réseau d’envergure mondiale, un atout essentiel pour négocier avec des bailleurs de fonds tels que la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Son expérience aurait pu être décisive dans le contexte actuel, où le Gabon peine à regagner la confiance de ses partenaires financiers.
Une expertise éprouvée, une gestion efficace
Loin d’être un simple technocrate, Yves Fernand Manfoumbi a démontré une capacité unique à concilier stratégie et action. Sous son leadership, le concept d’agrément PME a vu le jour, offrant aux entreprises locales un accompagnement renforcé par l’État. Il a également initié des projets novateurs, tels que l’utilisation de la pâte de manioc pour la production de pain, preuve de son pragmatisme et de son engagement en faveur de solutions durables.
Sa gestion de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) a marqué un tournant, mettant en lumière l’importance d’un développement économique inclusif. Chaque initiative témoigne d’une vision à long terme et d’une capacité à transformer les défis en opportunités.
Un homme providentiel oublié par la transition
Le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) aurait pu trouver en Yves Fernand Manfoumbi un allié précieux. En cette période critique, marquée par des héritages économiques fragiles et des attentes sociales grandissantes, sa nomination aurait été perçue comme un choix stratégique et rassurant.
Son exclusion, imputée à son appartenance au Parti Démocratique Gabonais (PDG), soulève des interrogations. Peut-on faire fi des compétences au nom de considérations politiques ? L’histoire de Manuel Trevor, ancien ministre des Finances d’Afrique du Sud, vient à l’esprit : malgré des défis sociaux colossaux, il a su transformer l’économie de son pays grâce à sa vision et à son expérience. Yves Fernand Manfoumbi aurait pu incarner ce rôle au Gabon, un guide éclairé capable de redresser l’économie nationale.
Une figure de dévouement et de loyauté
Au-delà de ses réalisations économiques, Yves Fernand Manfoumbi s’est distingué par son engagement politique et social. Député élu de la Dola, il a su mobiliser les énergies locales à travers des initiatives telles que le « Forum sur le développement local de la Ngounié ». Son action en faveur de la formation des jeunes, souvent financée sur ses propres ressources, témoigne de son attachement au progrès collectif.
Sa fidélité au PDG, bien que critiquée, peut être interprétée comme une marque de loyauté envers l’appareil politique qui lui a permis de s’élever. Il représente une figure rare de politique passionnée, prête à sacrifier des avantages personnels pour le bien de la communauté.
Des graines pour l’avenir
À l’instar d’un agriculteur semant des graines dans des conditions hostiles, Yves Fernand Manfoumbi a toujours su faire germer des projets ambitieux, même dans les environnements les plus arides. Son approche méthodique et sa capacité à anticiper les besoins font de lui un atout qu’aucun gouvernement ne devrait négliger.
Pour le Gabon, confronté à des défis économiques majeurs, il est crucial de privilégier les compétences et l’expérience. Les hommes providentiels ne courent pas les rues. Yves Fernand Manfoumbi aurait pu être celui qui redonne espoir à une nation en quête de renouveau.
Le Gabon, en quête de solutions pérennes pour relever son économie, aurait pu tirer profit d’un homme tel qu’Yves Fernand Manfoumbi. Sa capacité à transformer des défis en opportunités, à bâtir des ponts entre acteurs locaux et internationaux, et à initier des réformes structurantes en font une ressource rare. Toutefois, comme le souligne un analyste, « les émotions et les considérations politiques éphémères ont souvent conduit à négliger des talents précieux ».
L’histoire retiendra peut-être que le CTRI, en écartant Yves Fernand Manfoumbi, a manqué une chance unique de redresser durablement l’Économie nationale. Dans un désert d’options viables, il était ce « cultivateur » capable de faire germer des solutions innovantes et inclusives, même dans les terrains les plus arides.












































