Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema, le Pasteur Philippe César Boutimba Dietha, Vice-Président National du Forum Chrétien Africain pour la Transformation (FoCAT Gabon) fait un plaidoyer pour la réhabilitation de la peine de mort en vue d’éradiquer les crimes rituels et les assassinats au Gabon. Lecture !
Objet : Plaidoyer pour la réhabilitation de la peine de mort en vue d’éradiquer les crimes rituels et les assassinats au Gabon
Excellence Monsieur le Président de la République,
En ce début d’année 2025, j’ai l’honneur de vous adresser mes vœux de santé, de sagesse et de succès dans l’accomplissement de votre mission historique. Vous avez pris les rênes du Gabon à un moment de chaos général; par bonheur vous avez le pouvoir institutionnel et la légitimité populaire d’engager notre pays sur la voie de la justice, là où le système Bongo-PDG, tel un juge aveugle et complice, avait laissé se développer l’impunité et le laxisme.
Votre discours courageux du 21 juillet 2024 à Léconi a jeté un éclairage cru sur les crimes rituels qui gangrènent le département des Plateaux, un fléau que le système Bongo-PDG, en connivence avec les occultismes endogènes et les ésotérismes allochtones, avaient laissé prospérer sans le moindre scrupule. Sous le regard complice des corps constitués, ces criminels se sentaient invincibles, aussi protégés que des membres d’un cartel impuni. Votre parole à la Place de l’Indépendance de Léconi a apporté une lueur d’espoir aux associations de lutte contre les crimes rituels et aux innombrables familles des victimes, mais il est désormais impératif que cette parole soit suivie d’actes fermes et incontestables. L’inaction à ce stade serait une forme de complicité, aussi incompréhensible que le silence d’un juge bongoïste face à une flagrante violation des lois.
LA GRAVITÉ DES FAITS ET LA NÉCESSITÉ D’UNE JUSTICE EXEMPLAIRE
Excellence Monsieur le Président de la République,
Les crimes rituels, qu’il s’agisse de meurtres, de kidnappings, de séquestrations, de sacrifices humains, de réseaux de « pièces détachées » (ou trafic d’organes), de profanation de tombes ou de manipulation des restes humains dans la pharmacopée, sont des violations intolérables des principes fondamentaux de notre droit pénal. À ces horreurs s’ajoutent des agressions sexuelles sur mineurs et sur nouveaux-nés, des puissants réseaux de trafic de drogue, et des braquages sanglants qui plongent la nation dans une terreur quasi quotidienne. Face à ces actes barbares, les populations réclament aujourd’hui des réponses judiciaires d’une sévérité implacable.
LA PEINE CAPITALE : UNE SANCTION PROPORTIONNÉE ET DISSUASIVE
Excellence Monsieur le Président de la République,
Dans un contexte aussi alarmant, la réintroduction de la peine de mort apparaît comme une réponse incontournable. Cette mesure, loin d’être une simple sanction, constitue un puissant moyen de dissuasion. Comme l’enseigne la tradition du droit pénal, LA PEINE DOIT CORRESPONDRE À LA GRAVITÉ DU CRIME. Le rétablissement de la peine capitale pour ces crimes précis enverra un message clair aux commanditaires, aux exécutants et aux complices qui croient pouvoir continuer d’agir en toute impunité.
UNE RÉPONSE ENRACINÉE DANS NOS COUTUMES ET TRADITIONS LOCALES
Excellence Monsieur le Président de la République,
Une grande partie de nos sociétés anciennes punissaient très vigoureusement les crimes rituels et les « tontines mystiques ». Chez la plupart des peuples de la Ngounié Sud, soit on coupait les tendons de l’assassin avant de le livrer aux bêtes féroces, soit on le liait solidement avant de le jeter dans une rivière profonde, suivi d’une inhumation en bonne et due forme, soit on le pendait, soit on le transperçait avec une lance.
Chacune de ces exécutions représentait une réponse proportionnée à l’ampleur des infractions. Aujourd’hui, dans un contexte où la violence ne connaît plus de limites, devons-nous encore hésiter à envisager la peine de mort pour restaurer l’ordre et la paix au Gabon? En réintégrant cette sanction pénale, nous n’agirions pas en contradiction avec nos traditions, mais bien en leur faveur, pour endiguer le fléau de la violence.
Pour combattre les « tontines mystiques » ou phénomène de morts successives inexpliquées, les populations du Grand Sud dressaient un filet de chasse autours de la concession familiale, ensuite ils invoquaient la malédiction sur tous les sorciers de la famille. Généralement les « tontineurs » (jeunes et vieux, femmes et hommes) mouraient subitement, la famille vivait en toute quiétude. C’est ainsi que dans ma famille maternelle par exemple, la plupart de mes ascendants avaient quitté ce monde après avoir dépassé le siècle d’existence.
L’ORDRE TRADITIONNEL : COMPLICE OU PASSIF ?
Excellence Monsieur le Président de la République,
Les multiples alertes lancées par Monsieur Junior Xavier Ndong Ndong, ancien Conseiller du Président Ali Bongo Ondimba et actuel Président du Conseil National des Rites et Traditions du Gabon (CNRTG), sur le plateau de l’émission DIEU EN QUESTIONS, quant à l’implication présumée des milieux traditionnalistes gabonais dans ces crimes rituels, ne doivent pas être ignorées par les pouvoirs publics. Le système Bongo-PDG, par son inertie et son absence de volonté politique, a permis à ces réseaux criminels de prospérer en toute tranquillité, ce qui équivaut à une complicité implicite. En comparaison, votre leadership audacieux manifesté à Léconi est l’antithèse de ce laxisme. Puisque vous avez fait le choix de briser le silence et de confronter ce mal endémique, les gabonais vous exhortent à aller jusqu’au bout.
LE DEVOIR CONSTITUTIONNEL ET MORAL DE L’ÉTAT
Excellence Monsieur le Président de la République,
Dans leur sagesse, les Pères Fondateurs de la République Gabonaise avaient validé le texte de notre hymne national qui dit entre autres ceci:
Oui que le temps heureux, rêvé par nos ancêtres,
Arrivent enfin chez nous, réjouissent les êtres.
Qu’ils chasse les sorciers, ces perfides trompeurs.
Qui sèment le poison et répandent la peur.
Cette strophe dépeint les sorciers comme étant des acteurs antisociaux qu’il faut absolument « chasser », autrement dit « faire disparaître » du territoire national. Monsieur Georges Damas Aleka était quasiment entrain de prophétiser sur ces criminels organisés dont les actes troublent notre quiétude aujourd’hui.
L’hymne national accuse ces gens-là d’empoisonner (ou tuer) les gabonais, et instaurer un climat de terreur, menaçant ainsi la sécurité collective. N’importe quel citoyen peut voir que ces mots sont une prédiction du phénomène des crimes rituels et des assassinats que les populations redoutent aujourd’hui.
Dans une optique criminologique, ces comportements peuvent justifier la peine capitale, comme une mesure dissuasive ultime, pour « chasser » définitivement ces « trompeurs perfides » et garantir un environnement sécurisé, propice à l’épanouissement des individus, et à la réalisation du rêve de bonheur de nos aïeux.
Excellence Monsieur le Président de la République,
En tant que Père de la Nation, il est de votre devoir de concrétiser dans la Loi Fondamentale et dans le Code Pénal, ces paroles prémonitoires de notre hymne national.
UNE JUSTICE IRRÉPROCHABLE COMME SOCLE D’ACTION
Excellence Monsieur le Président de la République,
La réintroduction de la peine de mort doit être accompagnée de réformes substantielles afin de garantir une justice équitable, transparente et intransigeante. Les procédures judiciaires doivent être rigoureuses, sans aucune place pour la partialité ni les arrangements d’arrière boutique. Les Gabonais méritent une justice rapide, forte et impartiale, capable de juger les crimes les plus graves avec toute la fermeté qu’ils imposent.
UN APPEL AU LEADERSHIP AUDACIEUX
Excellence Monsieur le Président de la République,
L’année 2025 qui sera marquée par les élections législatives, municipales, départementales, sénatoriales et présidentielles, représente une occasion unique de marquer un tournant décisif dans la lutte contre l’impunité. En réintégrant la peine de mort dans la Loi Nationale, vous enverrez un message clair et sans équivoque aux électeurs : vous refusez de reproduire l’inaction des Bongo qui avaient cédé à la barbarie et vous vous dressez du côté des victimes.
LE CHANTAGE INÉLUCTABLE DES PUISSANCES ÉCONOMIQUES OCCIDENTALES ET DE LEURS OPINIONS PUBLIQUES
Excellence Monsieur le Président de la République,
Nous savons que cette réintroduction de la peine capitale suscitera des critiques, notamment des puissances économiques occidentales. Cependant, il est essentiel de rappeler que l’État gabonais doit avant tout défendre son peuple et assurer sa sécurité intérieure. La réintroduction de la peine capitale est une décision souveraine qui doit être dictée par les besoins impératifs de justice et de sécurité. Aucun chantage extérieur ne doit entraver votre volonté à protéger vos citoyens et restaurer l’ordre public.
Dans le vif espoir de votre approbation pleine et entière, je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très profonde considération.
Fait à Libreville, le 15 janvier 2025
Philippe César Boutimba Dietha
Vice-Président National du Forum Chrétien Africain pour la Transformation (FoCAT Gabon)











































