L’affaire a secoué la quiétude de Franceville, capitale du Haut-Ogooué, et met en lumière des réalités sociales complexes. Recament Paul Jean Wavé Nzembi, âgé de 42 ans et agent en service à la mairie centrale, a été reconnu coupable de vol aggravé et condamné à douze mois de prison ferme par le tribunal de première instance, suite à une audience de flagrant délit. Les faits, qui remontent à avril dernier, concernent la soustraction répétée de marchandises au grand marché de la ville de Franceville.
Pendant près de deux semaines, plusieurs commerçantes avaient constaté avec consternation la disparition de leurs produits : sacs de sardine fumée, ballots de vêtements et paires de chaussures. Face à ces pertes récurrentes et inexpliquées, les victimes ont décidé de monter un piège pour identifier et appréhender le voleur. C’est ainsi que tôt dans la matinée, aux alentours de 4 heures, elles ont surpris Paul Jean Wavé Nzembi en plein acte. Immédiatement maîtrisé par les commerçantes, l’homme a été conduit au commissariat central où une plainte a été officiellement déposée. Placé sous mandat de dépôt après avoir reconnu les faits devant le magistrat instructeur, il a comparu devant le tribunal.
À la barre, Jean Wavé Nzembi, l’agent municipal n’a pas cherché à nier les accusations portées contre lui. Il a expliqué ses gestes par la nécessité de subvenir aux besoins de sa famille, déclarant : « J’ai dérobé les sacs de sardine pour manger avec ma petite famille. Quant aux vêtements, je les ai partagés à mes neveux ». Ces déclarations, bien que révélatrices d’une situation de précarité, n’ont pas suffi à atténuer la sévérité de la peine requise par le ministère public, qui avait demandé douze mois de prison ferme et une amende de 100 000 francs CFA.
Le tribunal a suivi ces réquisitions, ajoutant une obligation de verser 150 000 francs chaque fin de mois, probablement en guise de réparation aux victimes. Si la nature des biens volés peut prêter à un certain étonnement, ce jugement soulève des questions fondamentales. Il interpelle sur la précarité sociale qui peut pousser certains individus à de tels actes, mais aussi sur les responsabilités des administrations locales.
En effet, la mairie de Franceville, en tant qu’autorité garantissant la sécurité et le bon fonctionnement du marché, se trouve interpellée quant à sa capacité à assurer la protection des biens des commerçants qui dépendent de cette activité pour vivre.
Par Yann Yorick Manfoumbi


























