Depuis plusieurs mois, les voyageurs du Transgabonais voient leur temps s’étirer comme un ruban de fer sous le soleil : retards, ralentissements et ajustements d’horaires rythment désormais le voyage. Dans un pays où le train constitue parfois l’unique trait d’union entre provinces, villages et familles, chaque minute perdue pèse comme une attente suspendue.
Ces perturbations trouvent leur origine dans les travaux du Programme de modernisation et de sécurisation de la voie ferrée, lancé le 24 novembre 2025 et appelé à s’étendre jusqu’à fin 2028, après le Plan de remise à niveau. Chantier colossal, le PMS ambitionne de transformer la voie ferrée en colonne vertébrale plus sûre, capable de résister au temps et aux aléas.
La Société d’exploitation du transgabonais assume ce cap stratégique. Pour la SETRAG, il s’agit de faire comprendre que les contraintes actuelles sont le prix d’un avenir plus serein. « Ces interventions ne visent pas à compliquer la vie des voyageurs, mais à prévenir les incidents, renforcer la sécurité et fiabiliser la ligne », souligne son directeur général, Christian Magni.
À terme, les bénéfices attendus dessinent un horizon plus stable : une ponctualité renforcée grâce à des infrastructures plus robustes, une baisse significative des risques d’accidents dans les zones instables, des temps de parcours raccourcis et un confort amélioré par une circulation plus fluide et sécurisée.
Mais le train n’est pas seulement un transport de passagers. Véritable artère économique, il achemine manganèse et bois vers le port d’Owendo, tout en ravitaillant l’intérieur du pays en produits essentiels. Le moindre retard du fret agit comme un domino, perturbant l’approvisionnement, tendant les marchés et faisant grimper les prix. À l’inverse, une voie plus fluide stabilise l’économie locale et profite autant aux opérateurs qu’aux voyageurs.
Le réseau ferroviaire gabonais serpente à travers des zones exigeantes, marquées par l’humidité, les pluies intenses et l’érosion. Le PMS répond à ces défis en remplaçant des rails fatigués, en consolidant les points sensibles et en modernisant des tronçons entiers.
Ces travaux, souvent invisibles, imposent pourtant des mesures strictes : ralentissements, voies uniques temporaires, réduction de circulations. Des contraintes nécessaires pour protéger voyageurs et techniciens.
Consciente des désagréments, la SETRAG mise sur la pédagogie. En gares et à bord, les agents expliquent, dialoguent et humanisent l’attente. Sous la pluie ou en forêt, les équipes œuvrent pour que demain, le train gabonais roule plus sûr, plus moderne, plus fiable pour tous les usagers, aujourd’hui et demain.


























