Dans la tempête médiatique qui secoue le projet de plateforme numérique commune entre la CNSS et la CNAMGS, CLIKAFRIK Gabon SARL sort du silence. Tel un navire pris dans une houle d’accusations, l’entreprise a publié, le 10 février 2026, un communiqué officiel pour rétablir ce qu’elle qualifie de « vérité factuelle » dans l’affaire Doumba.
Au cœur du débat : un montant de 3,2 milliards de FCFA évoqué par plusieurs médias, dont Direct Infos Gabon, et attribué à un projet piloté sous l’impulsion du ministre Mark Alexandre Doumba. Une somme jugée vertigineuse, qui alimente soupçons et interrogations autour de la modernisation numérique des deux principales Caisses de sécurité sociale du Gabon.
La Direction générale de la CNSS pointe trois zones d’ombre : une procédure d’entente directe perçue comme opaque, des pressions ministérielles ayant conduit à l’arrêt de projets internes de digitalisation, et un risque de surfacturation susceptible d’ébranler les ressources dédiées à la prévoyance sociale. Pour certains observateurs, le dossier ressemble à une équation aux chiffres flous.
CLIKAFRIK réfute et avance ses preuves
Face à ces accusations, CLIKAFRIK oppose un démenti catégorique. L’entreprise affirme que le coût global réel du projet s’élève à 1,223 milliard de FCFA pour les deux Caisses, soit bien en deçà des 3,2 milliards avancés publiquement. Elle précise que la convention, signée en août 2023, a été validée par les Conseils d’administration et le Comité de surveillance compétent, dans le cadre légal d’une entente directe.
Autre élément clé : selon la société, aucun paiement n’a été perçu à ce jour. Le développement de la plateforme aurait été financé sur fonds propres, ce qui, selon elle, démontre son engagement et balaie l’idée d’un enrichissement anticipé. La solution numérique serait par ailleurs développée sous la supervision de l’ANINF, garantissant la souveraineté et la sécurité des données des assurés gabonais.
Modernisation numérique et gouvernance sous tension
Dans ce dossier sensible mêlant CNSS, CNAMGS et gouvernance publique, CLIKAFRIK se désolidarise des débats politiques entourant Mark Alexandre Doumba. L’entreprise affirme ne pas être compétente pour juger des choix stratégiques ministériels, notamment le recours au gré à gré ou l’arrêt des projets internes.
Entre chiffres contestés et quête de transparence, l’affaire Doumba illustre les défis de la transformation digitale au Gabon, où chaque ligne budgétaire devient un champ de bataille et chaque innovation, un enjeu de confiance publique.


























