À l’approche de l’élection présidentielle du 15 mars 2026 au Congo, Denis Sassou-Nguesso avance ses pions avec la précision d’un horloger. Selon Africa Intelligence, le chef de l’État, candidat à sa réélection après quarante-deux ans au pouvoir, a constitué une équipe de campagne « pléthorique » de 70 personnalités. Une armée politique pensée pour verrouiller chaque rouage du scrutin et consolider un système forgé par le temps.
Le 7 février, deux jours après l’annonce officielle de sa candidature, le président a nommé Pierre Moussa directeur national de campagne. Secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT), « fidèle parmi les fidèles », cet octogénaire d’Owando incarne la continuité et rassure un premier cercle parfois traversé par les vents de la succession. « Apaiser les tensions » et maintenir l’équilibre interne semblent être les maîtres-mots de cette désignation.
La majorité des ministres intègrent la structure électorale, prolongeant leurs fonctions gouvernementales dans l’arène politique. Une campagne qui épouse les contours de l’État, comme si la frontière entre gouvernance et conquête électorale se dissolvait. Seul absent notable : Jean-Claude Gakosso. Fragilisé par « le cuisant échec » de la candidature congolaise à la tête de l’Unesco en octobre 2025, le ministre des affaires étrangères ne figure pas dans le dispositif.
Au sommet de la stratégie et des relations internationales, Françoise Joly, conseillère spéciale du chef de l’État, tient la boussole diplomatique. Épaulée par Guy Nestor Itoua, elle s’appuie sur Maixent Raoul Ominga, directeur général de la SNPC et présenté comme le « principal financier de la campagne ». Un trio qui incarne l’axe stratégique d’un dispositif où l’influence économique nourrit l’ambition politique.
En matière de sécurité, Raymond Zéphirin Mboulou demeure le discret « Monsieur sécurité » du scrutin. L’indéboulonnable ministre de l’intérieur veille sur le terrain électoral, tandis que Jean-Dominique Okemba, dit « JDO », semble perdre de son éclat au palais du Plateau. Selon Africa Intelligence, le patron du renseignement a été « discrètement relevé » de certaines fonctions d’influence, signe d’un rééquilibrage interne. Même la Grande Loge du Congo, dirigée par le président lui-même, n’échappe pas à ces recompositions.
Le cœur stratégique de la campagne, finances, logistique et supports électoraux – reste solidement ancré dans le giron familial. Julienne Ngouonimba, dite « Joujou », pilote ce département clé, épaulée par son cousin Rodrigue Nguesso. Le 4 février, un avion-cargo chargé de matériel de campagne a atterri à Brazzaville, symbole d’une machine déjà lancée à pleine puissance.
Autour d’elle gravitent Teddy Christel Sassou-Nguesso et Fatima Beyina-Moussa, tandis que Denis Christel Sassou-Nguesso, « Kiki », se voit confier un département de « stratégie électorale » aux contours flous. Il travaillera avec Claudia Sassou-Nguesso et le ministre Thierry Lézin Moungalla pour façonner l’image du candidat.
Enfin, le premier ministre Anatole Collinet Makosso occupe le rôle de porte-parole, alors que Pierre Mabiala et Jean-Jacques Bouya se positionnent dans la perspective d’un futur gouvernement.
À Brazzaville, la présidentielle 2026 s’apparente à une partie d’échecs grandeur nature, où chaque nomination est un coup calculé sur l’échiquier du pouvoir.


























