Vendredi 3 janvier 2025, le ministère de la Communication et des Médias a accueilli une réunion décisive entre Laurence Ndong, ministre de la Communication, et les représentants des organisations de presse (OPAM, CPPPL, UPPIG, RENAJI, UGPS). Cette rencontre, malgré des débuts tendus, s’est soldée par des avancées notables, sur les conditions d’obtention de la subvention à la presse 2024 au Gabon.
Un cadre réglementaire pour une presse responsable
Le point principal de l’ordre du jour portait sur les conditions d’attribution de la subvention d’aide à la presse 2024. D’un montant initial de 127 millions FCFA, la subvention atteint désormais 500 millions FCFA, reflétant la volonté du président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, de soutenir une presse libre et crédible.
Mme Ndong a insisté sur la nécessité de privilégier des médias respectueux des normes éthiques et déontologiques. : « Il faut un écosystème vertueux qui permet à nos médias d’être de plus en plus crédibles. Nous avons gagné 38 places dans le classement de reporters sans frontières sur la liberté de la presse. Nous sommes passés de la 14e place à la 56e place juste en un an juste derrière les États-Unis qui sont 55e . Nous devons garder ce rang et la diffamation, la désinformation sont des atteintes à la liberté d’expression. Donc l’Etat ne peut pas accorder de subvention à un média qui a été sanctionné pour désinformation ou diffamation ça ne peut pas exister. »

Jean Yves Ntoutoum, le président de l’OPAM, a salué cet accord : « Ceux qui se parlent ne se font pas la guerre. Tout est rentré dans l’ordre. »
Fiscalité, obligations sociales et publicité
Les représentants des médias ont exprimé leurs préoccupations face à un cadre fiscal jugé inadapté à leur secteur. En réponse, le ministère a exhorté les entreprises de presse à améliorer leur conformité, notamment auprès des organismes sociaux comme la CNSS et la CNAMGS.
Un encadrement des publicités par des textes spécifiques a également été annoncé. L’accès à l’information, consacré dans la nouvelle Constitution, bénéficiera de la création d’un poste de directeur de la communication dans chaque ministère. Ce dernier sera l’interlocuteur privilégié des médias pour la bonne information.
Plan de professionnalisation
Dès le 7 janvier 2025, une commission pour l’attribution des cartes de presse sera opérationnelle. Elle facilitera l’accès aux critères de subvention pour les journalistes.. Les postulants doivent respecter la réglementation en vigueur. Par ailleurs, la composition de la commission de subvention inclura des représentants de l’UNESCO, de l’OIF et des médias.
Revendications et solutions
Les patrons des médias ont demandé des assouplissements pour encourager la mise en conformité progressive de ‘s organes de presse non éligibles. La ministre a répondu en insistant sur l’assainissement nécessaire du secteur.
La précision sur les 500 millions de FCFA et une issue apaisée
La ministre a rappelé aux représentants des organisations des médias que le montant de 500 millions de la subvention d’aide à la presse déjà dans les caisses du trésor public va subir une diminution à cause de la réserve obligatoire de 15% prélevée. Cela a toujours été ainsi car les 127 millions à l’époque remis étaient à hauteur de 150 millions de FCFA.
Bien que marquée par des tensions initiales, la réunion a permis des échanges constructifs et s’est terminée sur une note positive. Les mesures annoncées visent à renforcer la professionnalisation, la crédibilité et la pérennité du paysage médiatique gabonais.


























