Le Gabon pleure aujourd’hui la disparition de l’acteur de cinéma Adrien James Prince de Capistran, emporté ce dimanche 5 janvier 2025, laissant derrière lui un vide béant. Célèbre pour son rôle inoubliable d’Oncle Didine dans L’Auberge du Salut, il s’éteint après des années de souffrance, marqué par l’indifférence des autorités face à son cri silencieux d’homme et d’artiste abandonné.
Là où d’autres, ailleurs, se seraient vu consacrer une étoile sur le légendaire Walk of Fame, Prince de Capistran a vu ses rêves piétinés par l’ingratitude et l’oubli. Considéré comme l’un des plus grands talents du septième art gabonais, il s’est pourtant heurté à l’ombre d’un système qui ne récompense que les élus d’un cercle restreint. L’indifférence officielle l’a accompagné jusque dans ses dernières heures, laissant sa grandeur se faner dans une misère indécente.
Une vie à mendier la reconnaissance?
Déjà en 2023, un appel poignant avait été lancé pour réunir à peine 150 000 FCFA. Le prince déchu souffrait alors d’une protrusion pathologique, bientôt aggravée par les premiers signes d’une maladie de Parkinson. Ces maux venaient s’ajouter à une santé fragile, rongée par des complications cardiovasculaires, témoignage criant d’une détresse ignorée.
Malgré les victoires éclatantes de sa carrière – des rôles emblématiques dans L’Auberge du Salut, Le Singe Fou, ou encore Makika contre l’humanité – les revenus promis ne sont jamais parvenus à équilibrer la balance d’une vie marquée par les escroqueries de producteurs sans scrupules. L’acteur, icône d’une époque, a lentement glissé vers l’oubli, n’ayant pour seul réconfort que l’amour de son public et le soutien sporadique de quelques âmes charitables.
Le paradoxe d’un artiste éternel
Prince de Capistran aurait mérité plus qu’un simple salut nostalgique. Il symbolise le paradoxe cruel d’un génie adulé par ses pairs et oublié par le système. Ses œuvres, empreintes de talent et de profondeur, résonnent encore dans les cœurs de ceux qui ont grandi au rythme de ses personnages inoubliables.
Car si le corps s’éteint, l’artiste, lui, survit à travers son art. Et dans ce dernier souffle, Prince de Capistran nous rappelle que l’abandon est un fléau qui entache la mémoire d’une nation.












































