Libreville, le 27 juillet 2026.- Le droit s’efface parfois devant l’humanité. Les obsèques de Maître Bertrand Abessolo Mezui l’ont rappelé avec force. Cet huissier de justice exerçait près les juridictions de l’Estuaire. Sa cérémonie funèbre a rassemblé toute une institution. Elle n’a pas réuni des adversaires autour d’un dossier. Elle a rassemblé des confrères autour d’une mémoire commune.
Au lendemain de cette cérémonie empreinte de recueillement, la Chambre Nationale des Huissiers de Justice du Gabon (CNHJG) a adressé un message officiel de gratitude. Ce message vise tous ceux qui ont accompagné le défunt Maître Bertrand Abessolo Mezui dans son ultime voyage. Derrière ce geste de reconnaissance se dessine en réalité une vérité souvent méconnue : la justice ne repose pas uniquement sur des textes, des audiences et des décisions. Elle vit également par les femmes et les hommes qui lui consacrent leur existence.
Une solidarité qui dépasse les appartenances professionnelles
La présence conjointe des magistrats, avocats, greffiers, huissiers de justice, conseils juridiques, autorités administratives ainsi que de nombreux proches témoigne d’une solidarité institutionnelle rare. Dans un univers parfois marqué par les contraintes procédurales, cette communion rappelle pourtant l’essentiel. Les acteurs de la justice demeurent unis par une même mission : servir le droit et la République.
Le rôle discret mais essentiel des huissiers de justice
Cette mobilisation prend tout son sens lorsqu’on mesure le rôle des huissiers de justice dans l’architecture judiciaire. En tant qu’officiers publics et ministériels, ils garantissent l’effectivité des décisions de justice. Ils assurent aussi la signification des actes et participent à la sécurité juridique des citoyens. Leur action, souvent discrète, constitue néanmoins l’un des piliers indispensables de l’État de droit. Rendre hommage à l’un d’eux, c’est donc aussi honorer cette mission de service public qui permet au droit de produire pleinement ses effets.
Le leadership fédérateur de Maître Florent Mounguengui
Cette séquence institutionnelle met également en lumière le rôle fédérateur du président de la CNHJG, Maître Florent Mounguengui. Sous son impulsion, la corporation a démontré sa capacité à faire prévaloir les valeurs de fraternité, de solidarité et de dignité. Dans les épreuves, en effet, le leadership se mesure moins à l’exercice de l’autorité qu’à l’aptitude à préserver l’unité d’une institution.
Une œuvre commune au service des justiciables
Les remerciements adressés au ministère de la Justice, aux juridictions, au Barreau, aux greffiers, aux conseils juridiques ainsi qu’à l’ensemble des professionnels du droit traduisent une conscience collective forte. Aucune institution, en somme, ne fonctionne isolément. La justice reste une œuvre commune où chaque profession complète l’action de l’autre au service des justiciables.
Un hommage qui dépasse le cadre funéraire
L’hommage rendu à Maître Bertrand Abessolo Mezui dépasse ainsi la seule dimension funéraire. Il rappelle une évidence essentielle : la grandeur d’une institution ne se mesure pas uniquement à la qualité de ses décisions. Elle se mesure également à sa capacité à honorer ceux qui l’ont servie avec loyauté, compétence et dévouement.
La disparition d’un homme laisse toujours un vide. Mais lorsque son souvenir parvient à rassembler toute une profession, il devient par ailleurs une leçon de fidélité aux valeurs qui fondent l’institution judiciaire.
Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Lorsqu’un grand arbre tombe dans la forêt, son ombre disparaît, mais ses racines continuent de nourrir la terre. Ainsi vivent les hommes de devoir : ils quittent les vivants, mais leurs œuvres demeurent la sève des générations futures. ».












































