Dans le département de la Louetsi-Wano, le village de Mbelenaletembe illustre un paradoxe criant du système sanitaire gabonais. Il dispose d’un dispensaire flambant neuf. Pourtant, ce bâtiment reste incapable de remplir sa mission première. Les murs brillent de peinture et la façade rassure. La réalité est tout autre ici. Il n’y a ni médicaments, ni infirmiers, ni soins. Ainsi, l’édifice ressemble à une coquille vide.
Pour les habitants, la désillusion est quotidienne. Ils franchissent la porte du dispensaire avec l’espoir d’y trouver assistance. Ensuite, ils se heurtent à un vide médical. Cette scène se répète chaque jour, sans la moindre exception. La confiance s’effrite peu à peu. En outre, la population reste démunie face à la maladie. Personne ne répond à leurs attentes les plus simples, pas même aux urgences.
Des kilomètres vers Lebamba pour se soigner
Les malades doivent parcourir des kilomètres vers Lebamba ou d’autres localités. Ils y cherchent une prise en charge minimale. Comme le rapportent nos confrères de Malébé fm, cette réalité pèse sur tous les foyers. De plus, chaque trajet coûte du temps et beaucoup d’énergie. Le moindre malaise devient vite une épreuve redoutable. Finalement, beaucoup hésitent encore à partir, faute de moyens et de forces physiques.
Dans ce contexte, la majorité de la population est vieillissante et dépend de cultures de subsistance. Ces déplacements deviennent un fardeau réellement insupportable pour eux. En effet, les aînés marchent difficilement sur de longues distances. Les revenus restent très modestes dans ces villages reculés. Dès lors, la promesse d’un accès aux soins de proximité se transforme en mirage. Les habitants méritent mieux qu’un simple décor.
Une faille structurelle dans la politique sanitaire
Cette situation dépasse le seul cas de Mbelenaletembe. Elle révèle une faille structurelle profonde. En effet, la politique sanitaire en milieu rural se limite trop souvent à l’inauguration de bâtiments. Nul ne garantit leur fonctionnement. Un dispensaire sans médicaments ni personnel n’est qu’un décor administratif. Il reste donc incapable de sauver des vies. Finalement, l’édifice inauguré ne soigne personne, malgré sa très belle apparence extérieure.
La santé ne se mesure pas à la présence d’un édifice. Elle se mesure à sa capacité de répondre aux urgences et aux besoins quotidiens des populations. Autrement dit, un mur ne soigne pas. Par conséquent, les autorités doivent juger l’action sanitaire sur le terrain, pas sur papier. Une simple inauguration ne remplace jamais un infirmier. Les populations attendent des résultats concrets, visibles et durables.
Une urgence double pour les autorités
L’urgence est donc double dans ce village. D’abord, il faut réhabiliter le rôle du dispensaire de Mbelenaletembe. Les autorités doivent le doter de moyens humains et matériels. Ensuite, elles doivent repenser la stratégie nationale de couverture sanitaire. Car la santé est un droit fondamental. La géographie ne doit pas conditionner ce droit. Aucun habitant ne devrait subir cette inégalité, où qu’il vive dans le pays.
Le Gabon ne doit pas condamner ses villages reculés à l’oubli médical. Cette situation interpelle les autorités locales et nationales. Désormais, il ne s’agit plus de bâtir pour inaugurer. Il s’agit de bâtir pour soigner. En conclusion, Mbelenaletembe attend des actes forts et rapides. Ses habitants espèrent un dispensaire enfin vivant. La proximité cesserait alors d’être un mirage.







































