Le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguéma Mba, hausse le ton contre l’Église évangélique du Gabon. Il somme le pasteur Allogo Essimengane de respecter sa suspension. L’annonce provient de Gabon 1ère.
Un ultimatum ministériel contre le directoire suspendu
Le porte-parole du ministère, Jean Eric Nziengui Mangala, a détaillé cette mise en demeure devant les caméras. Le gouvernement accuse le pasteur de continuer ses activités malgré l’interdiction formelle. Cette dernière découle d’une décision datée du 14 août 2026. Le texte avait déjà suspendu, à titre conservatoire, le directoire issu du Synode national d’août. Toute action au nom de l’institution restait donc formellement proscrite pour ses membres.
Selon le ministère, cette décision demeure pleinement applicable et s’impose à tous ses destinataires. Faute d’obéissance, l’autorité publique menace désormais de recourir à tous les moyens légaux disponibles. Cette fermeté traduit une volonté claire de faire respecter l’ordre administratif. Elle intervient dans un climat religieux déjà très tendu depuis plusieurs semaines. Le dossier illustre ainsi les tensions persistantes autour de la direction contestée de l’Église.
Une succession contestée à l’origine de la crise
Le synode devant renouveler les mandats de l’EEG devait initialement se tenir fin juillet 2026. Prévue à Baraka-Mission, cette rencontre fut finalement reportée sine die. Des tensions vives entourant la succession expliquaient ce report. L’assemblée s’est finalement réunie début août à Libreville. Elle a désigné le pasteur Jean-Daniel Allogo Essimengane président du Conseil national de l’Église. Son installation a eu lieu le 10 août au Temple national.
Cette élection a toutefois été contestée par le pasteur Moïse Ovono Menie. Invoquant des risques de troubles à l’ordre public, l’Intérieur a suspendu le directoire dès le 15 août. Cette mesure vise la plus ancienne communauté protestante d’Afrique centrale. Une partie des fidèles a critiqué cette décision. Le collectif des pasteurs laïcs y voit une atteinte à l’autonomie. Il a sollicité l’arbitrage du président Oligui Nguema.
Un comité de sages écarté par un camp
Pour dénouer la crise, une initiative de médiation interne a proposé une solution. Le 9 septembre, ses membres ont informé le ministre chargé des cultes. Ils annonçaient la création d’un comité composé d’anciens présidents de l’EEG. Cette démarche visait à apaiser les tensions internes persistantes. Le camp du pasteur Allogo Essimengane a cependant rejeté cette proposition. Il conteste la légitimité même de ce comité de facilitateurs.
Réuni le 17 septembre au siège national, le pasteur a défendu sa position. Il assure que l’Église réglera ses affaires selon ses propres textes internes. Il refuse toute médiation extérieure non prévue par les statuts. Le processus électoral du Synode aurait respecté toutes les règles internes.












































