Le 1er juillet 2025, une convention de 100 milliards de fcfa a été signée entre l’état gabonais, la société Ebomaf et BGFIBank pour la construction de la route reliant Ntoum à Cocobeach. Ce projet, étendu sur 83 kilomètres, représente une avancée majeure dans la lutte contre l’enclavement territorial. Après des années de promesses non concrétisées, les premières actions concrètes redonnent espoir à une population longtemps oubliée.
Cependant, cette initiative suscite des interrogations légitimes sur le coût exorbitant du linéaire Ntoum Cocobeach : 100 milliard débloqué pour ce chantier, environ 1,2 milliard de fcfa par kilomètre. Un chiffre qui heurte, notamment dans un contexte où le pays cherche à optimiser ses finances et à réduire sa dette. Cette disproportion soulève une demande urgente de transparence.
Des éléments troublants viennent aggraver les doutes. Le contrat n’a pas été signé par le ministre des Travaux publics, mais par l’administrateur directeur général de la Gabon Oil Company, Marcelin Simba Gabi. Ce choix de représentativité interroge sur les circuits décisionnels et les responsabilités administratives.
Par ailleurs, aucune entreprise nationale n’a été retenue pour l’exécution du projet, alors que de nombreux opérateurs locaux sont en quête de marchés. Le choix exclusif d’Ebomaf sans appel d’offres clairement porter à la connaissance du public,
renforce le flou autour des critères de sélection.
Face à ces zones d’ombre, les populations réclament des réponses : qui assumera les conséquences en cas de litige ? Comment le remboursement du prêt sera-t-il structuré ? Quels sont les véritables éléments qui justifient un tel budget?
Dans cette phase de transition, les députés sont invités à faire preuve de rigueur et de pédagogie. Ce chantier doit non seulement désenclaver une région stratégique, mais aussi incarner un modèle de gouvernance responsable. Le développement passe par l’action, mais aussi par la vérité.
Les Gabonais attendent plus qu’un ruban coupé : ils exigent la lumière sur ce projet devenu symbole d’espoir… et de méfiance.












































