Dans un entretien exclusif accordé au quotidien L’Union, le ministre gabonais des Mines, Gilles Nembe, a levé le voile sur les grands chantiers miniers et industriels qui dessineront le Gabon de demain. À l’heure où le pays amorce une transformation profonde de son modèle économique, l’État mise sur une exploitation locale de ses ressources et une implication accrue du secteur privé.
Le Port en eau profonde de Mayumba, la centrale hydroélectrique de Booué et le chemin de fer Belinga Booué Mayumba constituent les piliers de cette stratégie. Financé en partie par un accord de 1 600 milliards de fcfa signé avec Afreximbank à Abuja, ce triptyque vise à valoriser les gisements de fer de Belinga (4 milliards de tonnes, 68 % de teneur) et de Baniaka (700 millions de tonnes certifiées).
Le ministre a précisé que le Gabon aura besoin de près de 15 000 milliards de fcfa pour concrétiser l’ensemble des projets. L’objectif est clair : générer plus de 10 milliards de dollars par an grâce aux exportations minières, avec un retour garanti de 10 % seulement pour l’État. Le financement sera majoritairement privé, l’État réservant son budget aux secteurs sociaux.
Un volet énergétique de 200 millions de dollars est prévu pour construire des centrales thermiques destinées à l’usage domestique et à l’alimentation des unités de transformation minière. Le Gabon vise une capacité de 18 à 21 gigawatts, soit trente fois sa puissance actuelle.
Interrogé sur le site de Maboumine, Gilles Nembe a confirmé qu’il ne fait pas partie des projets prioritaires en raison de sa radioactivité. Des prélèvements sont en cours, et les résultats d’analyse sont attendus d’ici 2026-2027.
Le ministre a souligné la nécessité de repenser l’aménagement industriel du territoire. Owendo, saturé, verra ses flux redirigés vers Mayumba et Port-Gentil. Le chemin de fer sera doublé pour permettre l’expédition de 100 millions de tonnes par an, avec des trains de 3 km et des navires de plus de 300 mètres.
À partir du 1er janvier 2029, toute exportation de minerai devra passer par une transformation locale. Une réforme qui incarne la volonté du Gabon de reprendre le contrôle de sa richesse et de maximiser la valeur ajoutée sur son sol.
Enfin, Gilles Nembe a insisté sur la transparence et la réciprocité dans les relations économiques. Le gouvernement entend corriger les erreurs du passé et garantir que les projets à forte rentabilité soient portés par des acteurs privés, sous la régulation de l’État.

























