À l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril, le chef de la transition au Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, engage un vaste reprofilage de la dette publique. Cette opération, estimée à plus de 1 700 milliards de francs CFA, vise à prolonger la durée de remboursement des créances afin d’apporter un souffle nouveau aux finances publiques.
Selon Africa Intelligence, « plusieurs banques panafricaines ont été sollicitées pour participer à cette initiative financière de grande envergure. » L’objectif principal est de rallonger la maturité des dettes actuelles, qui oscille entre deux et trois ans, pour atteindre un horizon de cinq à sept ans. Pour ce faire, de nouveaux titres obligataires seront émis en échange des anciens, permettant ainsi au pays de mobiliser des ressources supplémentaires sur le marché bancaire et financier de la sous-région.
Le projet Mouele : un enjeu stratégique majeur
Cette restructuration, baptisée « projet Mouele », est directement supervisée par Brice Clotaire Oligui Nguema. Son aboutissement avant l’échéance électorale est crucial afin de sécuriser un nouveau flux de trésorerie pour le Gabon. « Une dizaine de banques sont attendues pour soutenir cette initiative, qui vise à assainir les finances publiques« , précise Africa Intelligence.
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Parmi les institutions financières engagées, on retrouve BGFIbank, dirigée par Henri-Claude Oyima, ainsi que AFG Bank Gabon, anciennement Bicig, sous le contrôle de l’Ivoirien Bernard Koné Dossongui. D’autres banques panafricaines de premier plan, telles que United Bank for Africa (UBA), Ecobank et l’Union gabonaise de banque (UGB), filiale d’Attijariwafa Bank, sont également impliquées dans la transaction.
Un contexte financier tendu
Cette opération survient dans un climat économique délicat. En janvier, l’agence Fitch Ratings a abaissé la note souveraine du Gabon à CCC, mettant en évidence la fragilité budgétaire du pays. Face à cette situation, le gouvernement a entrepris de régler ses arriérés auprès des bailleurs internationaux afin de restaurer sa crédibilité financière. Ainsi, en mars, 17,9 milliards de francs CFA ont été versés à la Banque mondiale (BM) pour éviter d’éventuelles sanctions.
De plus, en début d’année, Libreville a effacé ses dettes en souffrance auprès de la Banque africaine de développement (BAD) et de l’Agence française de développement (AFD). « Cette volonté de rétablir des relations financières saines avec les créanciers internationaux témoigne d’une stratégie de redressement rigoureuse », analyse Africa Intelligence.
Une restructuration pour préparer l’après-transition
En février, le gouvernement a finalisé la deuxième phase du rachat anticipé de son eurobond, qui devait arriver à échéance en juin 2025. Cette opération, portant sur 315 milliards de francs CFA, a été réalisée à un taux d’intérêt de 12,7 %, un record en Afrique.
Par cette série de mesures, Libreville cherche à repousser ses échéances financières post-transition, espérant obtenir un appui des bailleurs tels que la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international (FMI). La dette publique, qui dépasse désormais 70 % du PIB, reste un défi majeur pour le Gabon, nécessitant des solutions de financement à long terme.
En définitive, cette stratégie de reprofilage de la dette publique vise à stabiliser les finances de l’État tout en offrant une plus grande flexibilité budgétaire. Mais elle pose aussi la question de la capacité du pays à honorer ses engagements à long terme et à retrouver une trajectoire économique durable.












































