le 12 août 2025 – Le paysage sécuritaire du Gabon connaît une transformation structurelle majeure. Le conseil des ministres a officialisé le passage de la Sécurité pénitentiaire, de l’Administration des Douanes gabonaises et du corps des Eaux et forêts sous la tutelle du ministère de la Défense.
Cette décision, inscrite dans un projet d’ordonnance modifiant la loi sur l’organisation générale de la Défense nationale et de la sécurité publique, redéfinit la composition des Forces de sécurité et de défense du pays. Désormais, aux côtés des Forces de police nationale, ces trois corps sont officiellement intégrés aux« forces de défense de première catégorie ».
Cette réorganisation sécuritaire du Gabon, présentée par le gouvernement comme une étape clé vers la modernisation et la rationalisation de l’appareil sécuritaire, vise à renforcer la souveraineté nationale et à combattre plus efficacement les trafics illicites.
L’idée sous-jacente est de créer une synergie accrue entre les différentes entités chargées de la sécurité intérieure et extérieure, en les plaçant sous une autorité militaire unifiée. Le rattachement, même s’il reste sectoriel pour certaines missions, à leurs ministères d’origine (Justice, Économie, Eaux et Forêts) suggère une volonté de maintenir une expertise spécifique tout en centralisant la coordination stratégique.
Cependant, cette mesure de réorganisation sécuritaire du Gabon soulève plusieurs interrogations quant à son impact réel. L’érection de ces corps en formations paramilitaires, appelées à agir aux côtés des forces de défense, pourrait être interprétée comme une tendance à la militarisation accrue des missions qui étaient jusqu’alors davantage axées sur des fonctions civiles ou de contrôle économique et environnemental.
La question se pose de savoir si cette intégration sous l’égide de la défense permettra réellement une meilleure efficacité opérationnelle ou si elle risque de diluer les missions originelles de ces corps, notamment celles liées à la gestion pénitentiaire, à la facilitation du commerce et à la protection de l’environnement.
L’efficacité de cette réforme sécuritaire dépendra de la clarté des nouvelles attributions, de la coordination entre les différents échelons de commandement et de la capacité à préserver l’expertise métier de chaque corps. Si l’objectif est de mutualiser les moyens et de renforcer la lutte contre les menaces transnationales, il sera crucial de veiller à ce que cette restructuration ne se fasse pas au détriment de la spécificité et de la performance des missions traditionnelles de la Sécurité pénitentiaire, des Douanes et des Eaux et Forêts.
L’avenir dira si cette réorganisation sécuritaire, nouvelle trouvaille, au Gabon constitue un renforcement substantiel de la sécurité nationale ou une simple réorganisation administrative aux conséquences incertaines.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi

























