Libreville, le 12 août 2025. Au moment où le Gabon fait face à une dette publique qui atteint des niveaux sans précédent, s’élevant à plus de 8 000 milliards de francs CFA, le gouvernement poursuit une politique d’investissements massifs dans le développement urbain. Ce mardi, le conseil des ministres a donné son feu vert à un nouveau projet d’emprunt conséquent de 138,7 millions d’euros (environ 90,96 milliards de francs CFA) auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).
Ce financement, signé le 18 juillet, est spécifiquement alloué au Projet de développement urbain du Gabon (PDUG), composante clé du Programme de D
développement des infrastructures du Gabon (PADIG). Cette nouvelle injection de fonds s’ajoute à un financement antérieur de 100 milliards de francs CFA à la dette publique, conclu début juillet, destiné à un ambitieux programme de modernisation urbaine dans la province de l’Estuaire, centré sur le Grand Libreville.
Les chantiers prévus sont nombreux et ambitieux : réhabilitation de voiries principales et secondaires, construction d’un giratoire monumental au Jardin botanique avec un pont en fly-over, réaménagement du Carrefour Charbonnages, et rénovation d’axes routiers majeurs.
L’optimisation des liaisons et la transformation de quartiers comme Akébé-Ndjongoni sont également au programme.
Au-delà des infrastructures de transport, le projet inclut la création de plateaux sportifs de proximité, la construction du Grand Marché d’Owendo, une salle polyvalente à Kango, ainsi que des travaux d’assainissement et de modernisation sur plus de 15 kilomètres de voiries. Ce financement s’inscrit dans la continuité de l’appui de la Banque Mondiale, qui avait déjà accordé un prêt de 150 millions de dollars en juin 2024 pour améliorer les infrastructures urbaines et réduire les risques d’inondation dans plusieurs villes secondaires.
Si ces investissements visent à accélérer la transformation urbaine, à sécuriser la circulation et à renforcer les équipements communautaires, ils interviennent dans un contexte économique tendu.
La multiplication de ces emprunts, bien que nécessaires pour répondre aux besoins criants du pays en matière d’infrastructures, soulève des questions quant à la soutenabilité de la dette publique. La capacité du Gabon à honorer ses engagements financiers futurs, tout en poursuivant son développement, sera un défi majeur pour cette nouvelle République.
L’équilibre entre le besoin d’embellir et de moderniser les villes et la gestion prudente des finances publiques demeure le principal enjeu.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi

























