Une enquête de grande envergure, menée par la police judiciaire (PJ) avec l’appui décisif de la direction générale des services spéciaux (DGSS), a permis de démanteler ce mardi 12 Aout 2025, l’un des réseaux criminels les plus violents et sophistiqués de ces dernières années. À la tête de ce gang redouté, Ted Willy Alimbi Ognalagha, alias Le Roi Béni, un individu bien connu des autorités et dont le parcours laisse entrevoir des proximités avec certains cercles influents, une manière d’offrir à ses activités une apparente légitimité.
Ce groupe criminel s’attaquait aux résidences de hautes personnalités de la République, parmi lesquelles celles d’Ali Bongo Ondimba, ancien président déchu, et de Maixent Accrombessi, son ex-directeur de cabinet. Recrutant ses hommes principalement au Cameroun, Le Roi Béni les hébergeait dans des hôtels de luxe avant chaque opération.
Les malfaiteurs opéraient avec un modus operandi d’une inquiétante précision :
utilisation d’armes appartenant à un militaire, le frère de Jerry Mouele, membre clé du réseau ;
neutralisation des dispositifs de sécurité grâce à des technologies capables de brouiller ou désactiver les caméras de surveillance ;
usage d’une potion toxique pour éliminer les chiens de garde ;
complicités internes dans certains corps militaires, leur ouvrant l’accès aux cibles.
Selon une source sécuritaire, la DGSS suivait les déplacements et les communications du gang depuis plusieurs semaines. Son objectif : capturer Le Roi Béni lui-même, et non seulement ses exécutants. « Une opération de cette envergure n’aurait jamais pu aboutir sans la DGSS », confie un officier proche du dossier.
La PJ est intervenue au moment jugé le plus opportun, profitant de la coopération de Jerry Mouele, arrêté la semaine dernière. Ce dernier a détaillé le fonctionnement du réseau et confirmé les soutiens logistiques reçus de l’étranger. Il a également révélé que Le Roi Béni, installé temporairement en Turquie, avait tenté d’organiser son exfiltration vers le Cameroun en lui envoyant de l’argent et un billet d’avion.
Malgré ses dénégations sur certains points, Le Roi Béni a reconnu une implication indirecte dans plusieurs attaques. Pour de nombreux observateurs, son parcours illustre parfaitement l’adage : « un bandit ne s’arrête jamais, il se repose ». En entretenant des relations aux plus hauts niveaux, il aurait cherché à brouiller les pistes et à se prémunir contre d’éventuelles poursuites.
Son arrestation, ainsi que celle de plusieurs complices, marque un coup d’arrêt aux braquages visant des résidences de personnalités, qui inquiétaient depuis plusieurs mois. Les membres du gang seront présentés dans les prochaines heures devant le parquet de la République.
Ce coup de filet illustre la montée en puissance de la coopération entre les services de renseignement et les unités d’enquête. En ciblant la tête du réseau, la DGSS et la PJ entendent envoyer un message clair : le territoire national n’est plus une zone d’impunité pour les criminels, aussi bien organisés soient-ils, ni pour ceux qui pensent pouvoir protéger leurs crimes par leurs relations.
Par Darlyck Ornel Angwe












































