Libreville, le 13 août 2025 – Au cœur des stratégies de développement durable et de diversification des ressources financières de l’État, la monétisation des crédits carbone au Gabon prend une nouvelle dimension. Le ministre de l’environnement, Mays Mouissi, a présidé ce mercredi 13 août 2025 une réunion cruciale visant à relancer la coordination nationale sur la structuration de ce marché prometteur. L’objectif est clair : identifier et lever les obstacles, notamment juridiques, pour accélérer la mise en œuvre et la valorisation des crédits carbone.
Cette initiative s’inscrit directement dans la vision du Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place l’économie et le développement durable au centre de sa stratégie nationale.
L’ambition affichée est d’obtenir des résultats concrets dans un délai très court de 10 jours, témoignant d’une volonté politique forte de faire de ces crédits carbone, une source de revenus substantielle pour le pays.
Le ministre Mouissi a souligné l’importance de la synergie entre les entités publiques et de l’harmonisation des approches pour bâtir un cadre structurant solide.
Cependant, il est légitime de s’interroger sur la faisabilité de ces délais ambitieux, particulièrement lorsqu’il s’agit de lever des obstacles « d’ordre juridique ». La structuration d’un marché de crédits carbone est un processus complexe qui nécessite un cadre législatif et réglementaire précis, garantissant la transparence, la crédibilité et l’attractivité pour les investisseurs.
Un cadre juridique bâti à la hâte pourrait potentiellement créer des failles, nuire à la confiance des partenaires internationaux ou encore ne pas couvrir l’ensemble des aspects techniques et financiers liés à la génération, à la vérification et à la commercialisation des crédits carbone.
La question fondamentale est de savoir si les prérequis juridiques et institutionnels sont suffisamment matures pour soutenir une telle accélération. Si la volonté politique est louable et nécessaire, la réussite de cette démarche dépendra de la capacité des administrations à proposer des solutions juridiques robustes et pérennes dans un temps record.
Le Gabon mise gros sur les crédits carbone pour financer son développement ; il est donc impératif que cette relance des travaux ne se traduise pas par des avancées fragiles, mais par la mise en place d’un véritable écosystème performant et sécurisé pour ce marché d’avenir.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























