Le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya est décédé ce dimanche 11 juillet 2021 à l’âge de 81 ans, à Versailles, en France. Il a été une figure très marquante de l’Église catholique africaine. Personnalité religieuse très critique envers le pouvoir depuis l’indépendance de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite par l’église catholique.
La mort a été annoncée par le cardinal Fridolin Ambongo, son successeur au siège épiscopal de Kinshasa: «j’ai la profonde douleur d’annoncer à la communauté chrétienne catholique et à toutes les personnes de bonne volonté le décès du cardinal Laurent Monsengwo», a-t-il écrit sur Twitter.
Qui était le cardinal Laurent Monsengwo ?
Né en 1939, il a été ordonné prêtre en 1963 à Rome après des études à l’Université pontificale grégorienne, Laurent Monsengwo a ensuite obtenu un doctorat en Écriture sainte, toujours à Rome, à l’Institut biblique pontifical. De retour dans son pays – alors appelé Zaïre -, il est professeur de séminaire avant, quatre ans plus tard, d’être nommé évêque par Jean-Paul II.
Un vrai influenceur politique
Promu archevêque de Kisangani puis élu à la tête de la conférence épiscopale de son pays, il acquiert un véritable rôle politique, alors que, dans la foulée de la chute du mur de Berlin et des régimes communistes, la dictature de Mobutu est fortement attaquée. En 1991, il prend la présidence de la Conférence nationale souveraine, censée permettre un avènement de la démocratie, puis du Haut conseil de la République, de 1992 à 1996. « Ma vocation d’homme d’Église était de réconcilier les fils et les filles d’un même pays », déclarait le futur cardinal pour expliquer cet engagement qui ne permettra toutefois pas d’éviter la dramatique deuxième guerre congolaise (1998-2002).
Fervent défenseur du dialogue entre Congolais
Le pape Benoît XVI décida de le nommer archevêque du diocèse de la capitale, Kinshasa en 2007. Ce fut un moyen de récompenser un défenseur acharné du dialogue intercongolais.
Par ailleurs, il fut également choisi pour être le secrétaire spécial du Synode des évêques sur la parole de Dieu en 2008, puis reçoit la barrette cardinalice lors du consistoire de novembre 2010.
Malgré sa nomination en tant qu’archevêque de Kinshasa, il n’a pas renoncé à sa liberté de ton. Il a embarrassé Joseph Kabila en 2011 car il dira de ses élections que les résultats « ne sont conformes ni à la vérité ni à la justice ». Joseph Kabila le déclarera comme son « principal opposant ».
Cardinal, Laurent Monsengwo a également été l’un des participants au conclave de 2013 qui a vu l’élection du pape François. Les deux hommes sont réputés proches. Peu après son élection, le pape nomme d’ailleurs le cardinal congolais au sein du tout nouveau conseil de cardinaux, destiné à l’accompagner tout particulièrement. En décembre 2018, soit quatre ans après l’âge théorique, le pape François accepte la démission du cardinal Monsengwo pour départ à la retraite.
Le cardinal Fridolin Ambongo déclara : « Je vous invite à prier pour notre archevêque émérite, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. Sa santé se dégrade et il est dans un état préoccupant. ». C’était le 4 juillet que cela a été dit. Il a rendu l’âme ce 11 juillet 2021.


























