C’est une averse de récompenses qui s’est abattue sur les Panthères du Gabon. Comme l’a rapporté L’Union, les héros de la qualification pour la CAN 2026 ont enfin vu tomber du ciel leurs primes tant espérées : quinze millions de francs CFA pour chaque joueur, et entre dix et cinq millions pour les membres du staff. Une manne sonnante et trébuchante, symbole d’un mérite collectif chèrement acquis sur les pelouses africaines.
Cette libération financière, longtemps attendue, doit beaucoup à l’arbitrage du chef de l’État, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, véritable sésame du dossier. Tel un capitaine redressant le cap d’un navire pris dans les vents contraires de la bureaucratie, il est intervenu en personne après un échange en visioconférence avec les joueurs. Par ce geste, le président a rappelé que le mérite ne doit pas se dissoudre dans les lenteurs administratives, mais être célébré à la hauteur de l’effort consenti.
Au départ pourtant, le mode de répartition des primes devait obéir à une stricte hiérarchie : les titulaires devaient récolter davantage que ceux restés sur le banc. Mais le président a tranché d’une main juste : « Le football reste un sport collectif », a-t-il martelé, brisant la logique des privilèges individuels pour consacrer la victoire du groupe. Ainsi, dans la grande symphonie nationale, chaque note a été récompensée à l’unisson, du gardien au dernier remplaçant.
Cette égalité dans la gratification sonne comme un hommage à l’esprit d’équipe. Chacun, qu’il ait marqué ou encouragé, a apporté sa pierre à l’édifice de la qualification. Les 15 millions reçus deviennent dès lors bien plus qu’une prime : ils incarnent la médaille invisible du courage, la reconnaissance du sang, de la sueur et du rêve partagés.
Pour autant, cette célébration du mérite pour la qualification pour la CAN 2026 des Panthères n’efface pas toutes les ombres. Car si chaque paiement doit encore attendre la baguette magique du Palais du bord de mer, c’est que la machine du football gabonais peine à tourner sans huile présidentielle. Le mérite, pour éclore durablement, doit s’appuyer sur une organisation solide, un cadre où la récompense coule naturellement, sans intervention de la plus haute autorité.
Mais qu’importe, pour l’heure, les Panthères rugissent à nouveau, lestées d’un pactole mérité et regonflées d’orgueil national. Dans le sillage de Thierry Mouyouma, elles se préparent désormais aux barrages africains de la Coupe du Monde 2026. Là encore, il faudra griffer fort, rugir plus haut, et rappeler au continent que le Gabon n’est pas seulement une terre de talents, mais une forge où le mérite se transforme en gloire.
Ainsi, du sable de la République à la pelouse des stades, souffle le vent de la récompense : celui qui rappelle qu’au bout de l’effort, le mérite finit toujours par recevoir son dû.












































