Dans le tumulte des législatives 2025, repoussées au 18 octobre, le vent de Ntoum a soufflé en faveur d’une femme au destin singulier : Camélia Ntoutoume Leclercq, candidate du Parti démocratique gabonais (PDG). Avec 47,26 % des suffrages, résultats provisoire, , elle caracole en tête devant Mbina Elfox Loyola de l’Union pour la nouvelle République (UPR), crédité de 17,09 %, un ancien cadre du PDG. Un second tour s’impose, mais déjà, l’histoire retient ce premier triomphe comme un miracle politique, tant la candidate PDG fut la cible d’une conspiration feutrée destinée à briser son envol.
Une miraculée dans l’arène politique
« Miraculée » ? Le mot n’est pas trop fort. Selon des sources proches de l’Union nationale (UN), de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) et de l’indépendant Nsala Ondong Pierre Joseph, un plan minutieux aurait été ourdi pour faire tomber la ministre d’État. Une alliance de circonstances, tissée dans l’ombre, avait pour dessein de la déstabiliser avant que l’indépendant ne s’en désolidarise, flairant sans doute le naufrage d’un bateau sans capitaine.
Sous le manteau de la nuit, entre le jeudi et le vendredi précédant le scrutin, Serge Zeng Ango aurait bénéficié d’un soutien financier du trésorier de l’UDB, Aurélien Mintsa Mi Nguema, dernier acte d’un complot cousu de fil blanc. La manœuvre, semblable à une toile d’araignée politique, visait à piéger la candidate du PDG. Mais Camélia, à l’image du roseau de La Fontaine, plie sans rompre. Elle a traversé la tempête sans que son drapeau ne tombe. « Elle est passée entre les mailles du filet », confie un proche, admiratif. Ce premier tour a donc la couleur de la grâce et le parfum de la victoire arrachée à la perfidie.
Une reconnaissance populaire
Mais si miracle il y a, il fut porté par la main du peuple. À Ntoum, le nom de Camélia Ntoutoume Leclercq résonne comme celui d’une bâtisseuse infatigable. Depuis des mois, elle laboure le terrain, sème les promesses et récolte la confiance. Elle a fédéré autour d’elle des alliés fidèles, le RPM, Regard, le Morena, et a su convaincre par l’action plus que par les mots.
Dans le cœur des habitants, Camélia n’est pas qu’une politicienne : elle est le visage de l’espoir concret. Son influence auprès du chef de l’État s’est traduite par la construction d’un nouveau lycée, d’un complexe scolaire, l’arrivée de Prix Import Carrefour, et le renforcement de l’hôpital départemental doté de deux ambulances flambant neuves. À chaque évènement, heureux ou tragique, elle est là, figure maternelle, main tendue, présence rassurante.
Le vote du 18 octobre a donc valeur de reconnaissance collective. C’est le murmure d’un peuple qui dit « merci » à celle qui n’a jamais tourné le dos à Ntoum. Dans un contexte où le PDG, jadis hégémonique, a perdu des bastions, voir une candidate obtenir près de 48 % relève d’un symbole fort : la fidélité récompensée. « Elle est restée droite dans la tempête », glisse un militant, soulignant sa loyauté à un parti que beaucoup avaient déserté par opportunisme.
Une stratégie pour le second souffle
Désormais, l’heure n’est plus à la célébration mais à la consolidation. Le quartier général de campagne se prépare à l’offensive finale. L’état-major de Camélia Ntoutoume Leclercq doit resserrer les rangs, rallumer la flamme des convaincus et rallier les indécis. Il faudra compter sur les chefs de quartiers, ces sentinelles du terrain, sur les hommes d’église, témoins de sa foi vivante, et sur les alliés politiques qui voient en elle la seule capable d’unir Ntoum au-delà des clivages.
Dans cette dernière ligne droite, chaque geste compte, chaque mot pèse. La candidate du PDG devra redéfinir un cocktail de stratégie et de proximité, pour franchir la ligne d’arrivée « haut la main ». Si elle triomphe au second tour, ce ne sera pas seulement la victoire d’une femme, mais celle d’une fidélité éprouvée, d’un peuple


























