PARIS — François Hollande sort du silence. Dix ans après avoir quitté l’Élysée et un an et demi après son retour à l’Assemblée nationale comme député de la Corrèze, l’ancien chef de l’État franchit une nouvelle étape dans son retour sur la scène nationale. Dans un entretien à l’hebdomadaire Marianne paru mercredi 15 avril, il lève le voile sur ses intentions pour la présidentielle de 2027 : « Comment être utile aujourd’hui ? En se préparant. Donc, je me prépare. »
L’expérience présidentielle brandie comme argument central
Face à une gauche réformiste en quête de leadership, où les noms de Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Bernard Cazeneuve circulent, Hollande joue la carte de la singularité. Il rappelle qu’il est le seul à avoir déjà exercé la fonction suprême, sans avoir brigué sa propre succession en 2017. Selon lui, cet exercice du pouvoir lui confère une responsabilité particulière dans un monde qu’il décrit comme fracturé et dans lequel la démocratie est menacée. Il parie sur le fait que les Français rechercheront un profil capable d’inspirer confiance, protection et espoir.
Primaire : une ligne rouge qu’il refuse de franchir
L’ancien président s’oppose frontalement à la stratégie de son propre parti. Alors qu’Olivier Faure et Marine Tondelier soutiennent l’idée d’une primaire de la gauche non-mélenchoniste, Hollande la juge sans sens, dénonçant des divergences trop marquées sur la ligne et le projet entre les différents prétendants. La question doit être tranchée au sein du Parti socialiste d’ici l’été, dans un contexte de fractures internes profondes.
8,5 % dans les sondages — et il s’en moque
Un sondage Elabe ne lui crédite aujourd’hui que 8,5 % des intentions de vote. Loin de s’en émouvoir, Hollande rappelle que les sondages publiés un an avant l’élection présidentielle se vérifient rarement. Il compte sur une cristallisation tardive de l’opinion pour construire méthodiquement sa position. Dès le 23 mars, sur France 2, il prédisait déjà l’émergence d’une candidature de la gauche réformiste en 2027 — sans exclure d’en être le visage. La préparation est lancée. La décision, elle, n’est pas encore officielle.


























