Ce dimanche, l’Ouganda a basculé dans une nouvelle zone d’ombre pour la liberté de la presse. Le Daily Monitor et NTV Uganda ont été fermés et placés sous siège militaire. L’ordre vient directement du général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée et fils du président Museveni. Dès lors, les deux principaux médias indépendants du pays ont été mis hors ligne sur décision d’un seul homme. Un homme qui cumule pouvoir militaire et liens dynastiques au sommet de l’État ougandais.
Muhoozi Kainerugaba n’a pas cherché à masquer ses intentions. Sur le réseau social X, il a affiché sa philosophie sans détour. «En Ouganda, la presse doit être guidée par les cadres de la révolution», a-t-il déclaré. Ce positionnement idéologique justifie, selon lui, la mise au pas des rédactions indépendantes. Pourtant, cette formule révèle surtout une conception autoritaire du journalisme. En effet, soumettre la presse à une ligne révolutionnaire, c’est nier sa mission fondamentale : informer librement et sans tutelle politique.
Un personnage controversé, habitué à l’escalade
Muhoozi Kainerugaba n’en est pas à son premier coup d’éclat. Avant de s’attaquer à la presse, il avait déjà ordonné l’arrestation de personnalités politiques et de militants. Ainsi, cette fermeture de médias s’inscrit dans une escalade progressive et préoccupante. Par ailleurs, le Daily Monitor paie cher son indépendance. Fondé en 1992, le journal est devenu l’un des titres les plus influents du pays. Toutefois, en 2013, il avait déjà été fermé pendant treize jours. La raison ? Avoir révélé un prétendu complot visant à préparer Kainerugaba à succéder à son père. Aujourd’hui, l’histoire se répète avec une brutalité redoublée.
143e mondial : l’Ouganda, mauvais élève de la liberté de la presse
Ces événements surviennent dans un contexte déjà alarmant. L’Ouganda occupe la 143e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Finalement, la fermeture du Daily Monitor et de NTV Uganda confirme une trajectoire inquiétante. Celle d’un pays où l’information libre recule à mesure que le pouvoir militaire avance. Et où le fils du président dessine, peu à peu, les contours d’un journalisme à la botte.











































