À deux jours d’une élection présidentielle décisive, les autorités ougandaises ont ordonné la coupure totale d’Internet sur l’ensemble du territoire ce mardi 13 janvier 2026. Cette mesure, qui intervient dans un climat politique déjà tendu, met en lumière les pratiques autoritaires du régime de Yoweri Museveni, président depuis près de 40 ans et candidat à sa propre succession. à la tête de l’Ouganda Loin d’être anodine, cette suspension des communications numériques constitue un signal alarmant sur la transparence du scrutin à venir.
Neutraliser l’espace public numérique
Dans un pays où près de 75 % de la population a moins de 30 ans, Internet est devenu un outil central de mobilisation, d’information et de contestation. Les réseaux sociaux, en particulier, ont permis à l’opposition de toucher une jeunesse avide de changement. En privant les citoyens de cet espace, le pouvoir cherche à neutraliser la circulation des informations, à limiter la capacité de l’opposition à organiser ses partisans et à empêcher la documentation d’éventuelles irrégularités électorales.
La coupure d’Internet prive les observateurs nationaux et internationaux d’un outil essentiel pour surveiller le déroulement du scrutin. Elle empêche la remontée rapide des résultats, bloque les témoignages citoyens et réduit la visibilité des éventuelles fraudes. Dans un contexte où les précédentes élections ont déjà été entachées de contestations, cette décision apparaît comme une preuve tangible de la volonté du régime de contrôler le narratif électoral.
Cette mesure révèle également la fracture entre un pouvoir vieillissant et une jeunesse connectée. Museveni, au pouvoir depuis 1986, incarne une continuité politique qui contraste avec les aspirations d’une population jeune, dynamique et tournée vers l’avenir. En coupant Internet, le régime envoie un message clair : la modernité et la transparence ne sont pas prioritaires, la préservation du pouvoir l’est.
La coupure d’Internet en Ouganda ne peut être perçue autrement que comme une atteinte grave à la démocratie. Les nouvelles autorités régionales et internationales sont interpellées : garantir un scrutin transparent et équitable est une condition indispensable pour préserver la stabilité du pays. Sans accès à l’information, il n’y a pas de véritable choix citoyen.
La décision de couper Internet à deux jours du scrutin présidentiel en Ouganda est plus qu’une mesure technique : c’est un aveu de non-transparence. Elle illustre la volonté d’un régime de verrouiller le processus électoral et de priver sa jeunesse d’un outil de liberté. Dans un pays où l’avenir repose sur une population jeune, cette stratégie autoritaire risque de fragiliser durablement la confiance dans les institutions et d’alimenter une contestation encore plus profonde.


























