Dans le cadre de son discours à la 78ème Assemblée générale des Nations Unies, le Premier ministre de la Transition, Raymond Ndong Sima, le 22 septembre à la tribune de l’Organisation des Nations unies (ONU), a justifie l’action militaire du 30 août dernier qui a poussé à éviter le bain de sang, en se référant à l’élection présidentielle de 2016, très meurtrière et entachée de fraudes dépassant les statistiques.
La Premier ministre Raymond Ndong avait pour vocation l’équilibre de l’information et pour dissiper certaines suspicions, de rappeler précisément le contexte politique gabonais qui a précédé et justifié cette prise de pouvoir par les militaires gabonais. «Qu’il me soit en tout premier lieu permis de rappeler au souvenir de chacun l’expérience de l’élection présidentielle de 2016 dont la situation actuelle est l’une des conséquences », a déclaré le Premier ministre pour justifier l’action militaire.
L’élection présidentielle de 2016 était fraudée et plusieurs pertes en vies humaines ont été enregistrées et l’Union européenne qui avait supervisé les élections savaient que Jean Ping les avait gagnées. Pourtant par principe, l’Union européenne « rejette toute prise de pouvoir par la force au Gabon même si le processus électoral dans le pays a été entaché d’irrégularités», a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie européenne, Josep Borrell, le 31 août dernier. L’Union africaine et la CEEAC ont aussi condamné le coup de force des militaires du 30 août dernier, mais le général Oligui Nguema a voulu rappeler à la communauté internationale réunie au sein de l’ONU qu’il fallait éviter un bis repetitas de l’élection présidentielle de 2016.
« Tout le monde s’en souvient, cette élection a fait l’objet d’un rapport circonstancié de la Mission électorale de l’Union européenne qui y avait dénoncé un processus frauduleux, insincère et dépourvu de toute transparence avec des résultats défiant les lois de la statistique. Elle a surtout été caractérisée par des violences avec de nombreuses pertes en vies humaines et d’importantes dégradations de biens pour l’ensemble de la collectivité », a rappelé le chef du gouvernement Raymond Ndong Sima
Dans la même veine, le président de la Transition a rappelé que les solutions pour ramener le calme dans le pays n’étaient que “cosmétique” car le dialogue de 2017 a accouché seulement d’une élection à deux tours comme en 1993 pour être annulée avant d’être même expérimentée. C’est la conclusion de la concertation politique de février 2023.
Refus catégorique du pouvoir sortant de s’accommoder à la transparence électorale
De 2017 à 2022, aucune préparation des élections prévues constitutionnellement de se tenir au plus tard le 26 août 2023 n’a été entreprise. Cette dernière n’a commencé qu’en février 2023 et a concentré un nombre invraisemblable d’entorses et de distorsions faites au cadre constitutionnel, législatif et réglementaire des élections y compris, alors même que le processus électoral était déjà lancé. «Or, je veux le redire ici sans ambiguïté, ni les acteurs politiques, ni les électeurs, personne n’était prête à accepter une nouvelle forfaiture électorale», a rappelé le président de la Transition Brice Oligui Nguema.
Face à cette situation, les forces de défense et de sécurité avaient le choix entre : « se préparer à réprimer ces protestations avec le risque tôt ou tard d’être poursuivies devant les juridictions internationales en raison de leur responsabilité ou alors ; décider d’interrompre un processus frauduleux et dangereux pour la cohésion nationale. Elles ont choisi de façon responsable la seconde voie pour conjurer le risque d’un incendie dont l’embrasement aurait ébranlé les fondements même de la société gabonaise et n’aurait pas épargné les nombreuses populations étrangères vivant au Gabon», a rappelé l’homme fort de Libreville. L’histoire se rappelle que Frédéric Bongo et ses troupes avaient tiré sur le QG de Jean Ping au terme de l’élection présidentielle de 2016 faisant plusieurs morts.
Ce scénario de l’élection présidentielle de 2016 ne pouvait plus se reproduire et le pouvoir militaire de Libreville appelle à un soutien solidarité internationale au peuple gabonais puisque, sous peu, une conférence nationale va être lancée pour un retour constitutionnel rapide du pouvoir.


























