Le choix de Michel Barnier comme Premier ministre est le fruit d’une rencontre décisive avec Emmanuel Macron, qui s’est tenue mercredi soir à l’Élysée. L’ancien négociateur du Brexit, malgré des critiques passées envers le président, semble aujourd’hui prêt à collaborer pour diriger le gouvernement. Barnier, membre des Républicains, avait pourtant exprimé des réserves sur la gestion du pays, évoquant une « usure du pouvoir » et des « déceptions », notamment après les élections européennes. Cependant, la crise politique actuelle, amplifiée par la dissolution de l’Assemblée, a bouleversé la donne.
Macron voit en Barnier un allié stratégique. D’une part, il incarne une figure consensuelle capable de fédérer la droite autour d’un gouvernement d’union, notamment grâce au soutien potentiel des Républicains. D’autre part, il semble être un choix pragmatique, étant donné qu’il ne conteste pas la politique menée ces sept dernières années et n’a pas d’ambition présidentielle pour 2027, contrairement à d’autres candidats comme Xavier Bertrand ou Bernard Cazeneuve.
Bien que Michel Barnier ait été parfois qualifié de « technocrate fade », son expérience européenne et sa capacité de négociation en font un candidat idéal aux yeux de Macron. En août, une rencontre discrète avec Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, avait déjà posé les bases de cette nomination.
Cependant, l’opposition n’a pas tardé à réagir. Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement national, a vivement critiqué ce choix sur France Inter, qualifiant Barnier de « fossile » de la politique française, échouant même sur la scène européenne. Malgré ces attaques, Barnier se prépare à relever le défi, d’abord en constituant un gouvernement, puis en gérant une Assemblée nationale fracturée et imprévisible.
Le « négociateur » Michel Barnier aura en tout cas fort à faire, pour composer un gouvernement, déjà. Et ensuite composer avec une Assemblée nationale aussi inédite qu’éruptive. La passation de pouvoirs avec Gabriel Attal devrait avoir lieu à 16 heures, comme le désormais ex-Premier ministre l’a confié à certains proches.


























