Un drame d’une rare intensité a frappé le quartier Kouangou, dans la nuit de jeudi à vendredi, lorsqu’un incendie a totalement consumé une maison d’habitation, causant la mort tragique d’un nourrisson âgé de trois mois. La ville de Mayumba, dépourvue de service de sapeurs-pompiers, n’a pu opposer aucune riposte efficace aux flammes.
Selon les premiers témoignages recueillis sur place, le sinistre se serait déclaré aux environs de 21 heures et 22 heures. La maison, propriété de l’enseignante Bouanga Mboumba Germaine et louée au marin Dinaye — actuellement en mission à Libreville — était occupée par la concubine de ce dernier, mère du bébé décédé.
Vandam, riverain du quartier, relate l’instant de stupeur :
« Hier soir, après avoir dîné, je m’étais couché vers 19 heures. Aux alentours de 22 heures moins le quart, j’ai entendu des bruits comme des pétards. Pris de curiosité, je suis sorti. En contournant la maison, j’ai aperçu de grandes flammes. J’ai immédiatement alerté mon grand frère et fait sortir mes quatre enfants de la maison. »
Abigaël, sœur aînée de la concubine du marin, affirme avoir quitté brièvement la maison ce soir-là pour chercher de la nourriture au carrefour : « Vers 21 heures, j’ai demandé à ma fille Débora de préparer le biberon de sa petite sœur Orchidée. J’ai allumé une bougie au salon avant de sortir. En route, j’ai entendu des cris : le quartier disait que ça brûlait au Barca. C’est ma tante Alicia qui m’a appelée pour me dire que notre maison était en feu. »
Debora 12ans nous donne sa version des faits:
« Tonton Vandam avait préparé la tortue. Je me suis endormie, et en me réveillant, il y avait de la fumée partout. Je suis sortie par la fenêtre, mais en essayant de sauver ma petite sœur, je me suis brûlée au doigt car les planches étaient déjà brûlantes. »
Le feu, dont l’origine demeure incertaine, alimente les tensions. Abigaël et Vandam se rejettent mutuellement la responsabilité, chacun affirmant que les flammes auraient démarré chez l’autre.
Une équipe de la gendarmerie de Mayumba s’est rendue sur les lieux pour effectuer un premier constat. La propriétaire du bâtiment sinistré, profondément choquée, confie :
« Mercredi, Dinaye m’avait réglé deux mois de loyer. Et aujourd’hui, j’apprends que la maison est partie en fumée alors qu’il est en déplacement à Libreville. »
Ce drame met en lumière une carence criante : Mayumba ne dispose d’aucun corps de sapeurs-pompiers. L’incendie, laissé à lui-même, n’a pu être maîtrisé, ce qui a facilité sa propagation et aggravé les dégâts.
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de l’incendie et établir les responsabilités. En attendant, la ville tout entière pleure la disparition d’un nourrisson, victime de ce sinistre.
Par Darlyck Ornel Angwe

























