Libreville est le théâtre, les 1er et 2 juillet 2024, d’une rencontre majeure regroupant divers professionnels et acteurs culturels venus de nombreux pays d’Afrique francophone. Cet atelier, intitulé « Atelier de restitution de l’étude sur le statut de l’artiste et des professionnels de la culture dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et du Centre », s’est déroulé pour le premier jour en présence du directeur de cabinet du ministre de la Culture.
Les experts et professionnels de la culture dans l’espace francophone d’Afrique, notamment de l’Ouest et du Centre, sont en quête d’un statut de l’artiste qui ait force de loi dans les États membres concernés. L’étude, initiée en décembre 2023, vise à combler ce vide juridique. Kanel Engandja Ngoulou, coordonnateur du projet Industries culturelles et Découvrabilité à l’OIF et directeur par intérim de la Langue française dans la diversité des cultures, a souligné : « Le développement des industries culturelles passe inéluctablement par la disponibilisation d’un certain nombre d’outils législatifs et réglementaires en tête desquels la politique culturelle. De cette politique culturelle découle un certain nombre d’outils juridiques et réglementaires. De ces instruments juridiques, nous avons des lois sur le statut de l’artiste. »
Il a ajouté : « Nous avons voulu que cette étude couvre les pays d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre. Donc c’est un cadre spatial beaucoup plus élargi et il a induit un travail inlassable. C’est là où se trouve l’intérêt aussi de notre étude. Nous avons voulu associer tous ceux qui ont pris part en amont, pendant l’étude, mais aussi ceux qui prendront part en aval. Cette étude se veut un document consolidé, prêt à être utilisé pour accompagner les États étudiés, mais aussi ceux qui ne disposent pas encore de lois sur le statut de l’artiste, voire des lois de politique culturelle. »

Le directeur de cabinet du ministre de la Culture a rappelé que « les décideurs politiques des pays concernés par cette étude comptent sur les conclusions pour améliorer la condition de l’artiste et de l’acteur culturel ».
Pour le bureau Afrique centrale de l’OIF, les objectifs sont clairs. Alphonse Waguena, représentant de l’OIF pour l’Afrique centrale, a précisé : « En lançant cette étude, l’OIF compte atteindre trois objectifs principaux : d’abord, identifier les difficultés rencontrées par les pays affiliés dans la mise en œuvre des statuts de l’artiste ; ensuite, trouver une loi adaptable dans le cadre de l’élaboration des droits sur le statut de l’artiste ; enfin, rassembler toutes les données, informations ou recommandations permettant à l’OIF de définir une approche culturelle de soutien aux États d’Afrique francophone. C’est pourquoi l’OIF fonde beaucoup d’espoir sur les conclusions de cet atelier pour bonifier le travail des consultants et proposer des solutions aux États membres. »
Depuis plusieurs décennies, l’OIF entretient une coopération avec les sociétés civiles et les artistes, à travers des centres de lecture, des structures industrielles et cinématographiques, et des appuis à l’élaboration des politiques culturelles. Cette coopération a permis l’émergence d’événements cinématographiques majeurs comme le FESPACO. L’atelier de Libreville s’inscrit dans le programme stratégique de l’OIF, qui utilise la langue française pour promouvoir les cultures et l’éducation.
L’industrie culturelle cinématographique, tant au Nigéria qu’aux États-Unis, contribue significativement à l’économie en termes d’employabilité et de PIB. Les objectifs principaux de cette rencontre à Libreville sont de proposer des mesures concrètes pour la mise en œuvre du statut de l’artiste et des professionnels de la culture en Afrique de l’Ouest et du Centre, ainsi que de proposer une loi-type pour le statut de l’artiste dans le cadre du projet « Industries culturelles et découvrabilité ».
L’atelier de ces deux jours promet de jeter les bases d’un avenir plus stable et prospère pour les artistes francophones en Afrique.


























