Suite à l’assemblée générale du 21 juin, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Gabon (BICIG) a cédé sa place à AFG Bank Gabon. Les actionnaires ayant des comptes à la BICIG ont perçu leurs dividendes, tandis que ceux bancarisés ailleurs ou sans compte attendent toujours, plongés dans l’incertitude et le mécontentement face aux nouvelles méthodes de gestion ivoiriennes.
Les actionnaires privés, sans compte à la BICIG, se demandent désormais s’ils doivent ouvrir un compte pour percevoir leurs dividendes, une situation inédite et incompréhensible. Depuis près de deux semaines, ils attendent toujours leur dû. Leur frustration est palpable face aux méthodes jugées déloyales de la nouvelle direction d’AFG Bank Gabon, qui refuse de virer les fonds sur les comptes connus des actionnaires privés gabonais.
Certains actionnaires ont contacté Rêve Mpiga, leur point de contact, qui les avait initialement rassurés d’un paiement imminent. Cependant, ses absences fréquentes et son refus de prendre leurs appels ont nourri le doute et la colère. Ses explications pour justifier le retard sont variables : problème de signature du nouveau directeur général, Daniel Touré, ou encore accusations envers la société chargée des transactions.
Les actionnaires qui ont sollicité une audience avec Daniel Touré sont restés sans réponse. Sous l’ancienne direction de feu Ayo Iguemba, les actionnaires étaient considérés comme les piliers de la banque, peu importe leurs actions. Les méthodes actuelles des dirigeants ivoiriens imposent leurs décisions de manière autoritaire et opaque.
Pour illustration, lundi 24 juin, un autre actionnaire privé sans compte bancaire, même ailleurs, a vu le nouveau DG, Daniel Touré donner des instructions pour qu’il ouvre rapidement son compte à l’AFG Bank Gabon afin de vite percevoir ses dividendes.
Ces pratiques renforcent les craintes des actionnaires gabonais, opposés à la cession de leur banque à AFG, un groupe sans expérience bancaire significative. La BICIG, un des fleurons du système bancaire du pays, a été transférée aux Ivoiriens par le régime déchu d’Ali Bongo Ondimba, sous l’influence de son épouse Sylvia Bongo et exécutée par le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS) dirigé à l’époque par Akim Daouda, un autre Lieutenant de la « Young Team », neutralisée par le CTRI. Cette transaction susciterait des soupçons de malhonnêteté et de manque de transparence.
Face à cette situation préoccupante, il est impératif que les autorités du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) lancent un audit pour éclaircir les raisons du choix d’AFG, un groupe spécialisé dans les assurances plutôt que dans la banque. Bien que l’exclusion des Marocains, déjà présents dans l’Union gabonaise de banque (UGB), puisse se comprendre, le remplacement de BNP Paribas par AFG, au lieu de solliciter les privés gabonais, sinon les Sud-Africains dont le système bancaire est le meilleur du continent, semble être une décision erronée.
Après le scandale des gabs sans provisions, lire aussi: BICIG: La banque au cœur d’un scandale d’amputation anormale de salaire de sa clientèle il y a une année, désormais c’est l’obligation faite aux actionnaires d’ouvrir leur compte à l’AFG Bank Gabon pour avoir leur argent.
Une intervention rapide des autorités du CTRI serait nécessaire pour restaurer la confiance des actionnaires et assurer une gestion transparente et efficace de la nouvelle AFG Bank Gabon.


























