Le 3 septembre 2025, le quartier Ozangue, dans le 5ᵉ arrondissement de Libreville, a accueilli plus de deux cents membres de l’Observatoire chrétien pour la paix (OCP), réunis pour un atelier de formation sur l’observation électorale. Cette session a été animée par deux experts : le Pasteur Rostand Essono Ella, président du Réseau des confessions religieuses, et Ada Biyogo, juriste constitutionnaliste. Tous deux ont transmis aux participants les outils méthodologiques les plus reconnus, à savoir BRIDGE (Building Resources in Democracy and Governance Election) et LEAD, deux dispositifs internationaux de référence.
Le Pasteur Essono Ella a expliqué la finalité de cette démarche : « Il s’agissait de former des observateurs électoraux de l’OCP sur les fondamentaux de l’observation, afin que notre action gagne en crédibilité, aussi bien au plan national qu’international ». Selon lui, l’accompagnement des Nations Unies, sollicité par le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema, s’inscrit dans une logique de consolidation démocratique : « BRIDGE demeure le système le plus abouti en matière d’observation électorale à l’échelle mondiale ».
Le responsable a également rappelé l’existence de deux catégories d’observation : l’une domestique, qualifiée de citoyenne, issue de la société civile, et l’autre internationale, conduite par des organisations telles que la CEEAC, la CEMAC, l’OIF ou encore l’ONU. Au cœur de son intervention, il a souligné trois conditions essentielles pour limiter les fraudes : « l’égalité des chances entre candidats, l’absence de votes multiples et le respect strict des règles liées aux procurations ».

Pour sa part, la juriste Ada Biyogo Gaëlla a axé son exposé sur les fondements légaux : « Il était important de faire connaître aux observateurs les bases juridiques qui leur confèrent la légitimité d’exercer et d’évaluer le processus selon ce que prévoit la loi ». Elle a rappelé la distinction entre les phases pré-électorale, électorale et post-électorale, insistant sur le rôle de l’observateur : observer sans interférer, consigner les faits de manière écrite et rapporter aux autorités compétentes.
Mme Biyogo a par ailleurs souligné l’exigence de rigueur : « La mission de l’observateur n’est pas d’interagir dans le bureau de vote, mais de documenter avec objectivité ». Elle a concédé la difficulté de condenser un champ aussi vaste que le droit électoral en une seule journée, tout en saluant l’engagement des participants déjà sensibilisés aux enjeux citoyens.
Le Révérend Prophète Max Alexandre Ngoua, coordinateur général de l’OCP, a replacé l’initiative dans une perspective plus large : « La paix électorale ne s’improvise pas, elle se construit, se prépare et se protège ». Citant l’appel du chef de l’État à des scrutins apaisés, il a insisté sur quatre objectifs : renforcer l’intégrité du processus, réduire les risques de conflit, restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et encourager la participation électorale.

Concernant l’appel récent du ministère de l’Intérieur à mobiliser davantage d’observateurs, il a exprimé une réserve : « Nous saluons l’ouverture à la participation citoyenne, mais nous restons préoccupés par le délai trop court pour former efficacement de nouveaux observateurs ».
Ainsi, cette formation s’inscrit dans une dynamique où l’expertise nationale, soutenue par des partenaires internationaux, vise à consolider la démocratie gabonaise et à garantir des élections transparentes, crédibles et apaisées.


























