Le gouvernement gabonais, confronté au déclin structurel de sa production pétrolière, semble avoir trouvé un allié de poids pour inverser la tendance : le géant américain ExxonMobil. L’annonce, faite par le ministre du Pétrole Sosthène Nguema Nguema lors de l’Africa Energy Week au Cap, d’un accord majeur imminent avec des partenaires internationaux, signale une tentative audacieuse de revitalisation du secteur, pilier historique de l’économie nationale, selon des informations recueillies par nos confrères de Gabonactu.
Le retour d’ExxonMobil, une entité qui avait quitté le territoire gabonais en 2006, marque un tournant stratégique. Ce retour, négocié sous la forme de protocoles d’accord pour des licences d’exploration en offshore, n’est pas anodin. Il témoigne d’une reconnaissance par un acteur majeur de la persistance du potentiel hydrocarbure gabonais, notamment dans ses zones maritimes. L’objectif affiché est clair : développer de nouveaux champs d’ici deux à trois ans. Cette temporalité courte traduit l’urgence ressentie par Libreville pour compenser la baisse chronique des volumes extraits des gisements matures.
Cette manœuvre révèle une stratégie double. D’une part, il s’agit de rassurer les marchés et les investisseurs sur la volonté du pays de demeurer un acteur pétrolier significatif, malgré la transition énergétique mondiale. D’autre part, le choix de l’offshore suggère que les réserves terrestres sont désormais moins productives ou plus coûteuses à exploiter. L’offshore, bien que techniquement plus exigeant et capitalistique, promet souvent des gisements de plus grande envergure.
Toutefois, cette reprise des négociations avec ExxonMobil impose une analyse critique. Le Gabon doit veiller à ce que les termes des nouveaux accords soient nettement plus avantageux que ceux qui avaient conduit, par le passé, à des désaccords ou à des retraits. La période de « sensibilisation » ou de mise en garde semble terminée ; le gouvernement est désormais dans une phase de contractualisation rapide afin de sécuriser des revenus futurs.
La question demeure de savoir si l’arrivée d’un nouvel opérateur, ou le retour d’un ancien, suffira à inverser la courbe. La relance de l’exploration est nécessaire, mais elle doit s’accompagner d’une modernisation de la gouvernance du secteur et d’une transparence accrue dans l’attribution des licences, pour garantir que les retombées bénéficient réellement au développement national. Si la signature prochaine d’un protocole d’accord est un signe positif de confiance, le succès réel se mesurera à la capacité du Gabon à transformer ces explorations en production rentable et durable dans les délais annoncés.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























