Ce samedi 19 avril 2025, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), conduit par son Secrétaire général Ali Akbar Onanga Y’Obegue, a tenu une conférence de presse marquant un tournant politique : son passage officiel dans l’opposition. À ses côtés, Me Francis Nkea Nzigué a appuyé la position de cette branche du PDG se revendiquant comme « légale et légitime », fidèle à son président Ali Bongo Ondimba.
En réaction aux résultats provisoires de la présidentielle du 12 avril, les responsables du PDG ont dénoncé un processus électoral vicié. « Cette prise de parole […] se veut un acte de clarté politique, de responsabilité devant la nation et l’histoire démocratique de notre pays », a déclaré Ali Akbar Onanga Y’Obegue, soulignant que l’élection s’est déroulée dans un climat où manquaient « l’inclusivité, la transparence et la neutralité républicaine ».
Le scrutin ayant porté à 94,85 % des voix le général Brice Clotaire Oligui Nguéma, chef de la transition, est qualifié par le PDG de « mascarade électorale orchestrée par le CTRI ». Pour eux, ces chiffres sont le reflet d’« une volonté manifeste de légitimation à tout prix d’un pouvoir putschiste », dans un contexte où les contre-pouvoirs ont été écartés et les médias publics monopolisés.
Dans cette perspective, le PDG revendique son entrée dans l’opposition, par cohérence idéologique et par fidélité à sa base : « Le PDG ne se trouve pas dans l’opposition par convenance ou par calcul », mais parce qu’il refuse d’être complice d’un régime issu d’un coup d’État. « Ce pouvoir, rappelons-le, n’est que la continuité de celui qui s’est installé par la force », a martelé Ali Akbar Onanga.

Le parti se veut désormais force de proposition, annonçant qu’il « présentera des candidats aux prochaines élections législatives et locales » et qu’il portera un « projet politique alternatif, crédible et ambitieux ». Ce projet sera fondé sur les aspirations populaires à « plus de justice sociale, de transparence et de gouvernance démocratique ».
Concernant la division du PDG, Me Francis Nkea Nzigué estime que le débat n’a plus lieu : « Il n’y a pas de deux PDG […]. L’autre branche a déjà été absorbée par les Bâtisseurs ». Il accuse les dissidents d’avoir renoncé à leur indépendance et prédit leur ralliement officiel au pouvoir en place.
Sur la question de la visibilité de leur courant, Ali Akbar Onanga relativise : « Nous apparaissons 4 ou 5, mais nous sommes bien plus nombreux. Le contexte actuel ne permet pas à tous de s’exposer publiquement. »
Enfin, le PDG entend poursuivre sa mission historique en fidélité à ses principes et à ses dirigeants : « Nous ne nous tairons pas face aux dérives […] la présidentielle du 12 avril restera une occasion manquée, mais elle ne signe pas la fin de l’espoir ». Pour le Secrétaire général, ce moment marque « le début d’une nouvelle phase de lutte politique » pour restaurer la démocratie au Gabon.











































